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30.12.2007

Et la boucle se bouclera...(suite 2)

Il ne fait "pas trop froid" à mon atterrissage, mais il y a pas mal de neige. Le défi est grand, car j'arrive à une période où les choses seront difficiles à bouger pour moi. Je passe l'immigration et récupère rapidement mes bagages. Je quitte la salle parmis les premiers de mon vol. À Paris, j'ai été le premier à m'enregistrer sur mon vol. Ça ne m'étais jamais arrivé! Je craignais donc d'être parmis les derniers à récupérer mes bagages. Le hasard en a voulu autrement. Je passe la douane bien avant midi. J'ai noté dans un carnet quelques adresses d'hotels bon marché, moins de 35 euros par nuit. J'ai de quoi tenir quelques jours...

Le premier sur ma liste a un site internet et me parait raisonnablement correct. De plus, il a un numéro sans frais! Il n'y a pas de petites économies pour moi!!! J'appelle. Il y a des chambres libres. On est début décembre, ce n'est pas une période achalandée ici.

 

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Je charge ma tonne de bagages (bon, j'exagère...65 kilos!) dans le premier taxi. Je regarde le paysage défiler, les montagnes de neige accumulée jusqu'à ne plus savoir où la mettre. Le taxi s'arrête devant mon hotel, à la limite du "red light". Je franchi la petite porte d'accès à la réception. L'accueil est sympa. Je paye deux nuits et m'installe dans ma chambre. C'est très propre, et bien chauffé. Je sors faire un tour en ville. Je reprends mes marques, je me ré-acclimate. Comme je n'ai pas vraiment dormi dans le terminal, je suis assez fatigué. Quand j'ai un décalage horaire à rattrapper, je reste debout le plus tard possible le jour de mon arrivée. J'attends de tomber de sommeil. Je dors ensuite du sommeil du juste et me réveille lorsque je suis rassasié de sommeil. En général, le recalage de mon horloge est presqu'instantané. Mais les bruits de la ville me réveilleront trop tôt. Je mettrai plusieurs jours pour reprendre un rythme normal.

29.12.2007

sauvez Willy...

Je me souviens toujours avec émotion du jour où mon fils m'a déclaré que jamais il ne voudrait aller à sea world...

Après avoir vu le film "Il faut sauver Willy", il eut sa période "épaulard", se documentant tant qu'il le pouvait. Quand un jour, il apprit qu'un épaulard en captivité n'avait une espérance de vie que de 5 ans alors qu'ils vivent plus de trente ans en liberté. Choquant...

Mais voilà aussi ce qui peut se passer quand on joue avec les bêtes sauvages...

Euh, vous voulez faire un tour?

28.12.2007

flash-back...

Cela fait partie de la vie d'un blog... On écrit... enfin, j'écris, j'écris beaucoup, et je ne publie pas tout, bien sûr!

Je ne publie pas parfois parceque trop personnel, trop révélateur, trop décalé par rapport à mon présent du moment de l'instant... et puis parfois, je retombe par hasard sur un truc qui me plaît et me donne envie de publier.

Ce petit extrait, que je ne renie nullement... datant du début de l'été dernier...

Et puis... pour vous surprendre...

J'ai vu les images de Paris Hilton sortant de prison... Je n'aurai jamais cru dire ça un jour, mais je l'ai trouvé kind of cute, really cute... (as far as she doesn't talk!)

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C'est quand même dingue qu'elle puisse être une telle catastrophe dès qu'elle ouvre la bouche!!!

25.12.2007

Oscar... que du bonheur...

Que de souvenirs...

Oscar Peterson n'est plus...

J'ai eu le bonheur de le voir, au Montreal Jazz fest... aux côtés de Dizzy Gillespie. Son touché magique, son nom, au millieu des plus grands qui ont bercé mon enfance... et le bonheur de les voir jouer "pour moi", comme un lien tissé entre le passé, le souvenir de mon père décédé alors que je n'étais qu'un enfant, et un présent me rappelant que ces choses que j'ai en mémoire sont une réalité, même si parfois ma raison semble me fuir et me laisser penser que tout cela n'est que phantasmagorie...

Montréal nous offre tant... J'ai une pensée particulière pour Oliver Jones, qui doit voir partir tout un pan de sa vie...

Après le départ de Charlie Biddle (père), c'est le visage du jazz canadien qui se métamorphose à nouveau. Bon, je sais, il y a Diana Krall... mais bon...

23.12.2007

et la boucle se bouclera...(suite 1)

Le vol se passe sans incident... je suis perdu dans mes pensées, dans mes incertitudes également. Je ne me rends pas compte de ce qui se passe autour de moi, enfermé dans ma bulle. On est déjà au dessus du Labrador, et c'est toujours aussi impressionnant de voir cette multitude innombrable de lacs et de rivières, figés dans la glace à cette époque. Le St-Laurent est presque complètement gelé, et la neige abondante. Les vents dominants m'ont habitué à une approche sur Montréal par l'Ouest, mais aujourd'hui, nous atterrirons sur la piste 24D. Déformation de mon apprentissage de pilote privé, j'observe et me projette aux commandes de l 'appareil, effectue les manoeuvres d'approche dans mon imaginaire fertile. Je réalise que nous allons passer au dessus du parking où j'ai laissé ma voiture avant de partir. C'est le parking d'un édifice à bureaux où se retrouvent des sièges sociaux de grosses sociétés et des petits bureaux, dont celui que je louais avec une salle de conférences il y a quelques temps pour recevoir mes clients Montréalais et donner des cours. Le parking est vaste et dessert cet édifice ainsi qu'un édifice voisin où se trouve un grand restaurant. J'ai garé ma voiture entre les deux, me disant qu'ils hésiteraient à la faire remorquer, l'administration des deux édifice ne communiquant pas vraiment entre elles et chacun pouvant penser que le véhicule est propriété d'un occupant de l'autre édifice...

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Mais après cinq mois, je suis sûr de ne pas la retrouver, surtout après la tempête de neige qui a laissé plus de vingt centimètres de neige... Je suis persuadé qu'elle est depuis longtemps à la fourrière. Et pourtant, nous survolons la zone, un peu au nord du parking à basse altitude, et je vois ma voiture, coincée contre une montagne de neige, recouverte presqu'entièrement. Mon stratagème a marché! J'éclate de rire, n'en croyant pas mes yeux. Je suis sidéré, mais je ne peux pas me tromper, je la vois nettement. Elle est presque la seule sur le parking, à l'endroit où je l'ai laissée.J'ai pris la photo alors qu'une deuxième tempête est en train d'ajouter trente centimètres de neige sur la première...

20.12.2007

Et la boucle se bouclera...

Je quitte la France en coup de vent... À peine fini mon chantier que je vais à la gare. Le prochain train pour Paris est complet, j'attendrais le suivant. Je monte dans le train. Je suis à Paris en début de soirée. Je passe la nuit sur un banc du terminal de Roissy, car je n'ai pas envie de courir avec tous mes bagages... plus la force, et je sais qu'il va m'en falloir à mon arrivée à Montréal. Je n'ai pas cette excitation habituelle de l'avant départ. Je sais trop ce qu'il m'attend! Il y a eu une tempête de neige sur Montréal il y a quelques jours, et l'atterissage va être un peu raide.

Je pars sans plaisir ni regret...

J'ai déjà arrêté mes choix. Au détriment de tout le reste, je vais me reconstruire un outil de travail raisonnable. Je vais ensuite chercher un logement, puis me démener pour me recréer un revenu et une stabilité. J'ai le moral, un peu d'argent... pas assez, mais en jouant serré et en faisant quelques sacrifices, ça ira...

18.12.2007

hiver...

Je suis repassé devant le campement de sdf à 6 heures le matin, il n'étaient plus là. Il y a de nombreux points de chutes pour les sdf l'hiver, ils ont dû trouver un coin au chaud...

J'ai pris un petit déjeuner; thé, pain, beurre, confiture... et ce chaque matin depuis mon arrivée à Montréal. Normal, direz-vous... cela devrait l'être.

J'ai aussi pris deux repas chauds, en fin d'après-midi à chaque fois, pour que ça tienne jusqu'au lendemain pour un budget limité. Et aussi deux repas froids. quatre repas... en six jours! Je dois composer avec des ressources limitées, et je dois faire des choix. Et j'ai choisit de m'acheter un ordinateur portatif neuf, pour pouvoir travailler raisonnablement quoi qu'il arrive. J'ai hésité à m'acheter un disque dur externe de 500 gigs, car j'en ai besoin pour la suite de mes projets. Ça va gréver mon budget dramatiquement, mais j'en ai trouvé un en solde, un "La Cie", design Porshe, à un prix défiant toute concurence. J'ai craqué car sinon, je risque d'être bloqué pour mon travail rapidement, et je ne peux me le permettre. Je me suis ensuite mis à la recherche d'une chambre. J'ai prévu un petit budget pour une chambre dans un petit hotel en bordure du "red light" Montréalais à mon arrivée, mais je ne peux pas y rester longtemps. J'appréhendais un peu, mais c'était tout ce que je pouvais m'offrir. Finalement, c'est très propre, bien chauffé...

J'ai un peu maigri, mais je suis en forme, le moral est bon, et avec ces nouveaux outil, je me sens capable d'aller de l'avant. Je vais surement, à cause de ces choix, me retrouver un peu short pour une ou deux nuits. J'aviserai...

16.12.2007

encore un tour...

Un an et quelques mois que j'ai commencé ce blog, un an que j'ai traversé avec vous l'Atlantique pour une épopée dont j'ai essayé de vous faire vivre le déroulement... Il manque des bouts, mais cet objectif fixé lorsque j'ai pris l'avion de Montréal, je l'ai atteint... Tout n'est pas fait, je ne suis pas guéri, le combat n'est pas fini... le sera-t-il un jour d'ailleurs?

Mais je me suis suffisament reconstruit pour envisager du meilleur à venir. J'ai sauvé le peu qui me restait dans un entrepôt, j'ai pu rentrer à Montréal avec assez pour me loger pour un mois, pour m'acheter un nouvel ordi portable, qui devrait me permettre de gagner ma vie même si je dois à nouveau reprendre la route... et quelques petites choses qui, pour beaucoups ne valent même pas la peine d'en parler, mais qui pour moi sont une petite fête. Ça faisait si longtemps que je ne m'étais pas offert quelque chose de pas indispensable... encore que...

Et ce soir, sur les trottoirs de la rue Ste-Catherine, il y avait un campement de sdf... 5 ou 6, des jeunes et des "vieux" mélangés, dans des boîtes de carton... sur des empilages de sacs, de journaux... cela aurait valu une photo, non, des photos...mais comment aurais-je pu?

Ben si, avec mon puissant télé-objectif... Non, vous m'avez compris... Comment peut-on photographier la misère, gagner de l'argent sur son dos, comme le font des journalistes sans scrupule prétendant le faire pour dénoncer, mais touchant des cachets pour leurs photos et leurs articles à sensations, dont pas un sou ne reviendra au protagonistes de ces drames, exploités jusqu'à la corde malgré eux.

Le jour où vous verrez une photo, un article de moi sur ce sujet, sachez queje ne le ferai que s'il est bien payé et que je peux en retourner l'intégralité au sujet photographié...

Alors sachez, braves gens, que ce soir, il fait moins quinze dehors, que je dormirai au chaud, mais que ces gens passeront la nuit sur le trottoir à essayer de trouver un sommeil pas trop profond pour ne pas risquer de crever, toussant, crachant... ces images, elles sont gravées dans ma mémoire... elles ravivent des souvenirs... J'ai dormis dehors par moins 9, jamais par moins 15... J'ai l'image de ce gars assis, engoncé dans ses cartons emboités les uns dans les autres pour faire un confortable cercueil dont seule sa tête émergeait...

Ce soir, je vais dormir, sûrement assez bien... mais je sais ce qu'ils vivent mieux que personne. J'aimerai... J'aimerai... Mais qui suis-je, moi qui ai du mal à prendre soin de moi, pour espérer pouvoir apporter quelque chose...

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