26.01.2007
lecture...
Parmis les lectures qui m'ont marqué, il y a "Le cimetière des bateaux sans nom" d'Arturo Pérez-Reverte
Je vous livre un extrait dont la pertinence va bien au delà des mots écrits. C'est une analyse d'une précision chirurgicale qui sera à la base de ma compréhension de certains comportements dont je n'arrivais pas à comprendre l'origine...

(...) Elles ont été, et elles seront toujours nos otages, tu comprends?... (...) C'est ce qui fait que leur morale et la nôtre sont...comment dire? Différentes. Toi et moi, nous pouvons être cruels par ambition, par luxure, par stupidité ou ignorance... Chez elles, en revanche...Appelle ça du calcul, si tu veux. Ou la nécessité... Une arme défensive, si tu vois ce que je veux dire. Elles sont mauvaises parce que c'est leur existence même qu'elles jouent, et elles ont besoin de
survivre. C'est pour ça que quand elles se battent, c'est à mort. Ces salopes n'ont pas de base de repli. (...)
Imagine une montre...Une montre qu'il faudrait absolument arrêter. Toi et moi, nous la stopperions comme le ferait n'importe quel autre homme, à coups de marteau. La femme, non. Quand elle en a la possibilité, elle la démonte pièce par pièce. Elle sort tout, de manière à ce que personne ne soit capable de la remonter. Pour qu'elle ne puisse plus amais donner l'heure... Bon Dieu! Je les ai vues... Oui. Elles démontent pour toujours le mécanisme d'hommes en parfait état de marche, d'un geste, d'un regard ou d'un simple mot. (...)
Elles te tuent, et tu continues à marcher sans savoir que tu es mort.
Arturo Pérez-Reverte ; Le cimetière des bateaux sans nom
06:30 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : lecture, bateau, bateaux, femme, femmes




