09.05.2007

Le début...

Besoin de réécrire le début de mon histoire avec vous... huit mois bientôt!

Besoin de crier sans qu'on m'entende trop, besoin de me cacher pour me laisser découvrir, comme nouvellement né d'un passé tourmenté.

J'ai commencé ce jeu avec vous, me suis laissé découvrir petit à petit, j'ai noué des liens précieux qui m'ont aidé à retrouver le chemin de la vie en société...

Une rupture, un divorce, des années de mensonges que je découvrais incrédule, des cauchemards la nuit qui ne trouvaient d'égal que dans ceux que la vie peut nous servir le jour...

Ma décision de ne plus accepter, jamais, d'être humilié, malmené, trompé, dans tous les sens du terme. Décision de ne plus accepter de me voir contraint à vivre contre ma nature. Aucune circonstance atténuante pour elle. Elle savait. Notre contrat était clair. Après les premiers écarts, j'ai redéfini ce contrat, je lui ai laissé le choix. Elle l'a accepté. Mais honorer ses engagements avait un prix qu'elle n'était pas prête à payer. Les mensonges ont commencé, mes doutes ont pris racine. Et puis un jour, les doutes sont devenus pour moi des certitudes, et c'est avec la même incrédulité qu'elle m'a entendu dire que les mensonges avaient assez duré. J'ai étalé mes convictions et lui ai dit "inutile de continuer à mentir, je ne suis plus dupe". Et elle a feint de se rappeller, de jouer la franchise. J'ai dit "inutile, il est trop tard. Je demande le divorce". Sa conviction de pouvoir me manipuler indéfiniment l'avait empêché d'imaginer une telle chute à notre histoire. D'autant qu'elle avait réalisé que je valais tous les sacrifices et que me perdre était perdre ce qu'elle avait de plus précieux. Une de ses amies d'enfance m'a dit qu'elle me comprenait, mais qu'au point où mon ex-femme était rendue, c'était me mentir ou me perdre. Qu'aurais-je fait à sa place? Moi, je le sais. Impossible de mentir, j'assume toujours les conséquences de mes actes. Elle a alors essayé de me casser, se disant peut-être que si je touchais le fond du baril, je lui reviendrais. Mais non, pour moi, c'est impossible. Je ne suis pas comme ça. Je ne suis pas à vendre, à aucun prix. Et je suis droit, et honnête avec moi-même avant tout. J'assume tout ce que je fais et j'agis de façon conforme à mes convictions, pas parfaitement, mais systématiquement.

Alors j'ai glissé, lentement d'abord, puis la chute c'est précipitée. Les appuis sur lesquels j'essayais de redémarrer se sont dérobés. Plus de logement, plus de téléphone. Plus la force de me battre pour mon travail, plus de force pour survivre... et voilà comment on se retrouve sdf...

Nuits dans ma voiture d'abord, puis les apparts des copains en vacances, les squats. Un premier voyage en France. Puis l'impression que le plus dur est derrière, lorsque j'ai repris un appart. Mais elle a redoublé d'efforts pour me faire chuter encore plus bas... Et j'ai chuté encore plus bas...

Sdf à nouveau...

Dix-huit mois pour obtenir le divorce. Et là, plus rien devant moi, si ce n'est la fierté de n'avoir fléchi sur rien. La seule chose sur laquelle je pouvais me reconstruire; ma dignité retrouvée.

Elle ne peut RIEN me reprocher. Je lui ai tout laissé, je l'ai re-meublée et ré-installée. J'ai pris sur moi toutes nos dettes. Elle n'a eu aucun soucis matériel. Je l'ai même aidée afin qu'elle puisse prendre un congé maladie de six mois.

Trop démoli pour arriver à me tourner vers mes amis, vers mes proches, autrement qu'à mot couvert, je me suis tourné vers ce blog, pour essayer de reprendre contact avec le monde qui m'entoure. Et grand bien me fit...

Sdf... de luxe, ais-je ajouté, parce que j'avais le sentiment d'avoir peut-être plus d'outils que la moyenne des sdf pour m'en sortir. Mais l'issue aurait pu être la mort, qui guettait chacun de mes moments de faiblesse pour tenter sa chance, me proposer tous ses services pour me sortir de là...

J'ai cependant commencé à reprendre le contrôle sur ma vie, en décidant d'abord que je ne passerai pas l'hiver au Canada, et que je n'y reviendrai pas avant d'être retourné en Martinique. C'est marrant comme je réalise tout ce que je veux, quand je le veux... C'est marrant comme je ne planifie rien mais je décide et je fais, comme ça, naturellement... Mais je suis aussi fragile, et des fois, je n'arrive même pas à vouloir... Juste envie de me laisser porter, un instant... Et seule la mer m'a porté sur ses vagues sans rien me demander en retour...

Et voilà... voyage thérapeutique en France, puis en Martinique. Retour aux sources, retrouvailles et rencontres, et je m'aperçois que je compte pour beaucoups... juste cela, ça fait tellement de bien!