16.01.2012

Ô soleil...

Je me lève et vois la lumière vive du soleil pénétrer au travers des rideaux du salon. Il fait bon... 22 degrés, et je souris en les ouvrant et imaginant la température de l'autre côté de la vitre. Moins 29, 51 degrés d'écart thermique. Hier soir, en passant la tête dans l'encadrure de la porte, j'en ai eu le souffle coupé.

Alors je me suis fait un petit déjeuner et j'ai savouré.

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11.01.2012

Un petit tour...

Un peu plus de six ans que j'ai commencé à glisser doucement, à devenir quelqu'un d'autre...à moins que je ne sois redevenu moi. Des nuits dans ma voiture, puis dehors...

En allant dîner avec mon fils, je ne peux m'empêcher de refaire le tour, une fois encore...

Des visages, des souvenirs... mes anciens employés... ma secrétaire, deux enfants en bas âge, récement divorcée, dont le petit frère s'est suicidé... tout cela la même année!

J'ai connu ce petit bonhomme alors qu'il avait neuf ou dix ans.

Ma nuit la plus froide dehors; moins quinze degrés. "Petit joueur!"

C'est en voyant un sans abris marcher toute la nuit par moins trente, quelques années auparavant que j'ai compris comment il survivait dehors depuis si longtemps.

Alors je n'ai pas eu peur, cette nuit là, de faire pareil. Me recroqueviller à l'abri du vent pendant quelques minutes, assis sur une pile de journaux et de cartons, pour essayer de grapiller quelques instants de sommeil. Ne pas rester trop longtemps, pour ne pas faire fondre la neige et qu'elle imprègne le papier. Ne pas trop me refroidir non plus. Me lever, marcher d'un pas vigoureux, sauter sur place... et très vite, l'envie de m'allonger sur la glace du fleuve et me laisser engourdir pour ne jamais me réveiller. Les heures les plus dures? Trois heures à cinq heures trente, l'heure d'ouverture du métro. Heureusement, j'ai toujours trouvé les ressources en moi pour ne pas me laisser aller complètement.

Aujourd'hui, je suis bien d'avoir ce vécu. J'y repense sans aucune amertume, avec une certaine jubilation même, peut-être. Cela m'a rendu meilleur. Non que je n'eusse été "bon" auparavant. Simplement, je suis meilleur maintenant. J'ai une perspective sur tant de choses, une perspective qui ne s'aquiert qu'au prix du sang!

Je suis au chaud, je regarde par la fenêtre, voyant sans les voir les drames qui se déroulent quotidiennement autour de moi, à quelques pas, un peu plus loin. Bien que relativement épargné par la crise, le Canada voit son lot de laissés pour compte grandir néanmoins. Rien comparé à la France, mais le dérapage est perceptible malgré tout, plus insidieux peut-être.

Deux ans maintenant que je suis raisonnablement logé et que je mange tous les jours. Deux ans que je tire mes épingles du jeu, une à la fois... pas encore une vraie vie, je dois accepter de rester enfermé dans ma tête une plus grande partie de mon temps, pour survivre, pour parvenir à endurer le contact humain suffisament, pour ne pas me couper totalement du monde. Je n'ai pas le même regard sur le temps, sur la solitude que le monde qui m'entoure. J'ai besoin de ces barrières qui me protègent du contact. C'est pour cela que j'ai toujours tant aimé naviguer en solitaire.

Je suis au chaud, je regarde par la fenêtre. Je vais plutôt bien, surtout si je compare...

02.01.2012

Un jour...

Un jour après l'autre...

Un jour à la fois...

Des pas en avant, l'impression de ne pas avancer, pas au pas que je voudrais...

Et un regard en arrière et de s'apercevoir qu'on a fait beaucoup de chemin...

Il y a un peu plus d'un mois, j'ai brisé mon oeil... mon oeil électronique, celui qui me permet de partager avec vous, avec le monde qui m'entoure. Un petit appareil photo compact Canon SX 200. J'avais lu (trop tard, après l'achat, sinon cela ne serait pas drôle!) qu'un problème récurent affectait cet appareil. Après un certain temps, il arrive que le zoom se bloque en position sortie. Et c'est ce qui m'est arrivé.

Ma première formation d'horloger aidant, je suis un peu maniaque de tous les aspects mécaniques de ce que j'achète. Mes formations en électronique et en informatique complètent le désastre de mon intolérance à la médiocrité de bien des produits. Ceci dit, la technologie offerte aujourd'hui à des prix à peine imaginables ne cesse de me fasciner.

Heureusement, j'avais acheté cet appareil photo d'occasion, à l'état quasi neuf, pour moins de la moitié de sa valeur, il y a déjà plus d'un an. Heureusement, la personne qui me l'a vendu avait pris une garantie prolongée. Je ne prends jamais de garantie prolongée, sauf pour les machines à laver et les appareils photos... quand j'en ais les moyens. Mais là, cadeau... je le retourne au magasin qui me rappelle 4 semaines plus tard pour me dire que l'appareil n'est pas réparable, et qu'il vont me l'échanger pour un modèle équivalent, le SX220 HS. J'ai aussi le choix d'opter pour un bon d'achat du montant de l'achat initial, soit le prix d'il y a deux ans. J'hésite en regardant le Panasonic Lumix , l'évolution de l'appareil que je possédais juste avant, dont la mécanique et l'optique sont nettement supérieures à mon avis. Le boitier également est de meilleure facture, un peu plus massif et robuste et les commandes mieux dessinées.

Les caractéristiques générales des deux appareils sont très proches; Plus ou moins le même poids, les mêmes dimensions, le Panasonic offre un zoom avec un grand angle avantageux, le Canon offre un meilleur capteur et un meilleur processeur d'image, le DIGIC 4, à mon avis. J'avais choisi de passer au Canon à cause d'un programme de "hack", CHDK, qui permet de débrider les caractéristiques des appareils photos Canon, leur permettant notament de faire des prises de vues en format RAW.

http://chdk.wikia.com/wiki/CHDK

Je veux, j'ai besoin dirais-je, d'un appareil photo compact versatile, que je traine partout avec moi, pour prendre des photos dans le cadre de mon travail, avec un mode de prises de vues vidéo HD, un grand angle, un zoom assez puissant, et une qualité d'image d'un niveau exploitable professionnellement, sans prétention, mais indispensable à ma survie dans mon travail.

Canon SX 220 HS

Immédiatement après l'achat (sans argent déboursé), je regrettais mon choix. Je n'aime pas le design, les commandes ne sont pas agréables ni instinctives à l'usage, et ce flash, mal placé, qui se trouve toujours sous l'index quand on allume l'appareil photo, et qui donc force un instant avant de renoncer à sortir... Il faut ensuite le déployer manuellement au besoin, avec un petit frein désagréable qui risque de briser avec le temps. Mais après quelques prises de vue, et en regardant le potentiel de l'appareil une fois hacké avec CHDK, je suis lentement séduit. Et quand j'ai vu le boitier étanche à 40 mètres que fait Canon pour cet appareil, là, toutes mes réticenses sont tombées... (bon, ok, ce n'est pas pour tout de suite, il vaut le prix de l'appareil seul!).

http://www.lozeau.com/catalogue/accessoires/accessoires-s...

J'ai pris une nouvelle garantie prolongée, et je me dis que si il me tient 2 ans, je pourrais le revendre pour passer au modèle du moment, sans trop perdre au change. C'est ce que j'ai fait avec mon précédent Lumix. Sinon, il meurt de causes naturelles et il sera remplacé à nouveau pour le modèle du moment. Je suis maniaque, et mes équipements sont rigoureusement entretenus et traités comme des bijoux. J'ai encore l'outillage acheté lorsque j'ai construit ma première maison, trois ans après mon arrivée au Canada, il y a 18 ans, en parfait état, continuant leur service intense sans faillir.

Sinon, cela a fait deux ans que j'ai retrouvé un chez-moi décent, et depuis deux mois, j'ai intégré un nouvel espace de travail que je rénove et dans lequel j'installe mes quartiers professionnels, libérant ainsi mon appartement de sa surcharge d'équipements professionnels de toutes sortes et m'ouvrant les portes d'un nouvel envol professionnel, plus stable, plus efficace, plus intéressant.

Bureau

19.09.2011

Et le monde continue de tourner...

Oui, avec ses millions de morts, sa misère et ses bonheurs... Comment ne pas vouloir porter une partie, même infime, de ses malheurs. Mais comment y parvenir sans se perdre, sans s'anihiler, se dissoudre?

Les mois de mai et juin, sans voiture, ont été éprouvants. Mes revenus sont tombés presque à zéro pendant 6 semaines. Courir en vélo d'un côté et de l'autre, avec des journées affichant parfois une soixantaine de kilomètres à bicyclette, souvent à un rythme intense, en plus du travail à accomplir. Bizarement, je ne faisais pas le lien entre ma fatigue physique et ces distances parcourues en vélo. En fait, je crois que c'est la fatigue morale et mentale qui me marquaient le plus. Me retrouver à nouveau à cours de l'essentiel. Aller au supermarché sans pouvoir rien acheter, sauter des repas, jeuner, tomber d'inanition parce que j'en demandais beaucoup à mon corps...mais ne pas lâcher, continuer de voir le positif malgré tout. Le positif numéro un, mes jambes et ma capacité pulmonaire ont atteint un niveau qui me ravi. J'ai un peu maigri, un peu trop à mon goût... Je parviens à assister à tous mes cours de formation, liés à la subvention qui est maintenant terminée, et j'ai obtenu mon premier diplôme canadien. Petit à petit, je ramasse l'argent nécessaire à payer mes contraventions et prends des ententes avec la cour pour ce que je ne peux pas payer. J'ai réussi à maintenir mes relations professionnelles raisonnablement "clean" et je récupère enfin ma voiture. La vie reprend un cours un peu plus normal, même si mon loyer et mes comptes en retards commencent à m'inqiuéter. Je ne suis pas au bout de mes peines...

Il y a à nouveau une longue pente à remonter. Je reçois de nombreux messages d'appréciation de mes collègues de formation. Ça me nourri, me fait du bien. Une d'entre elle, une jeune directrice artistique, a gagné une petite bataille (habituellement, je ne vois pas ce genre de choses...) sur une autre paticipante pour s'assoire à côté de moi. Tout à coup, je remets en perspective ces mois de formation. La première fois que l'on s'est vu, c'était à l'examen d'admission. Elle était avec un de ses amis, et je ne pensais pas qu'elle m'ait même regardé. Au début du premier cours, elle est entrée avec ce même ami et a souri à la salle entière. Je me souviens m'être dit que je rêverai de me réveiller chaque matin, pour le restant de ma vie, avec un sourire comme ça comme première image.

Elle est toujours habillée avec style, vraiment charmante et agréable. Trop classe pour le style vagabond que j'affiche et assume, peut-être un peu trop jeune également. De mon point de vue, j'ai l'impression qu'un monde nous sépare. Le monde entre les gens "normaux" et ceux qui luttent comme moi, à la limite de l'impensable...

Nous passons un agréable moment à faire un travail en petit groupe. Je les amuse avec mes histoires de vie abracadabrantes et le groupe me demande de faire la présentation publique de notre travail. En retournant m'assoire après ma présentation, je note qu'elle s'est insensiblement rapprochée de moi. Je revois des flashs des derniers mois, des regards que je surprenais de temps à autre... mais mes soucis du moment sont trop accaparants, et qui pourrait vraiment se risquer à me fréquenter, connaissant ma situation?

Elle rit encore de mes frasques affichées lors de ma présentation et se penche vers moi pour me faire une reflexion. Son bras nu frôle le mien et je reçois une décharge électrique. Son corps magnifiquement mis en valeur par sa chemise blanche s'offre à mon regard, et je dois avouer que je me suis perçu à cet instant très "mâle de base"!

Je crois que j'aurais presque pu, malgré la situation et le monde qui nous entourait, passer mon bras autour de ses épaules, glisser ma main sur sa peau exposée et l'embrasser. Enfin... dans mes rêves en tous cas!

À la pause, je me sens le besoin de raconter, de façon un peu psychotique probablement, ma récente arrestation et mon incarcération en hôpital psychiatrique. Je me rends compte à ce moment que je fais très "cas soss". Que je suis "cas soss" en fait, sous bien des aspects. Cela mettra sans doute un gouffre entre mes émotions et le monde qui m'entoure. Je quitterai rapidement le cours à la fin de la journée, non sans noter au passage qu'elle dit au professeur qu'elle ne sera pas là les deux prochaines semaines. Il ne restera qu'un cours ensuite. Je prends soudain conscience qu'une routine disparaîtra de ma vie, et qu'après, l'automne sera là rapidement. Ce contact régulier avec le monde, bien que parfois un peu difficile à gérer pour moi, était un régulateur bien plus important que je ne le voyais jusqu'ici. Cela m'inquiète tout à coup.

12.09.2011

Mal partout... ou pas!

Comme une espèce de malaise sourd... que je suis incapable de définir pleinement. Que peut-on connaître de moi en lisant ce blog, même depuis longtemps. Mes silences, autant de combats dont je ne veux parler, dont je ne peux parler. Des combats humains ordinaires, si tant est qu'il en existe. Des trucs un peu pllus durs que d'autres, comme cet enfermement dont je ne sortirai jamais vraiment. Je m'y suis habitué, avec le temps.

Des gens dans la vraie vie, qui disent de gentils mots. Un artiste d'ici a écrit après m'avoir rencontré:

"il y a toujours ce 1% des rencontres que je fais qui me nourrit et me donne la force d'endurer la famine des 99 autres pour-cents."

Ça fait du bien!

Des amis qui luttent eux aussi, chacun à sa manière. Le besoin d'aimer et d'être aimé, comme tout le monde... Des besoins tout simples, sains...

Heureusement, garder un corps sain m'a aidé à traverser les épreuves sans trop de dommages jusqu'à présent. La valse hésitation. Je publie? Je ne publie pas?

J'en ai envie, mais je sais les poids à porter. Le poids pour mon fils également de découvrir et voir exposer ces choses... impossible avant d'en être vraiment totalement sorti!

21.08.2011

rebonds...

Le kangourou, c'est peut-être ainsi qu'il faudrait me rebaptiser!

Je sors de l'hôpital psychiatrique avec un ticket de bus et 12$ en poche, toute ma fortune!

J'ai vraiment eu un choc la veille en voyant ma voiture hissée sur la remorqueuse, direction la fourrière, avec 30 jours d'immobilisation avant de pouvoir la récupérer. Sans parler des coûts! Cela m'a rapellé le jour où, il y a 3 ans, ma voiture est tombée en panne et il a fallu me résoudre à la vendre. Le début du retour en enfer!

J'ai une heure et demi de bus à faire avant d'arriver chez moi. Je réfléchis. Tous mes contrats en cours ne peuvent être exécutés sans ma voiture. Il faut que je débourse pas loin de 2000$ pour payer les amendes dues et récupérer mes plaques et mon permis. Je me présente à mes rendez-vous du jour à vélo. Ça va, il fait super beau. Le soir, je suis un peu fatigué. J'ai fait 45 km à bicyclette dans ma journée, ça peut se concevoir. J'ai mon frigo relativement garni encore, et je considère les options pour le mois. Donner le change, continuer les discussions avec les investisseurs comme si de rien n'étais. Avoir confiance en ma capacité de continuer à fonctionner malgré tout. Je repense aux phrases du psychiatre. Avec un sourire; "Oui, mais quand même, conduire sachant votre permis de conduire suspendu... quand même...je n'aurais jamais fait ça, moi..."

Je lui ai répondu du tac au tac " vous n'avez jamais eu faim, vous... enfin avoir faim pour vous, cela veut dire avoir sauté votre collation de 4 heures... vous n'avez jamais été à la rue, n'est-ce pas?"

C'est vrai, je n'aurais pas dû conduire. Mais que faire? Tout abandonner si près du but, retourner dans la rue et me dire que j'allais tout reprendre à zéro une fois de plus. Non! J'ai du travail, une voiture, je vais travailler! Si il y a une chose que je sais faire, c'est calculer. Et je sais que si je ne déplace pas des montagnes chaque semaine, je vais rechuter. On ne sort pas de ce genre de situation sans efforts titanesques. Aucune des personnes dont j'ai croisé le chemin dans la rue ne s'en est sortie jusqu'à présent, et les intervenants qui m'ont suivi n'en reviennent toujours pas!

Mais il a fallu que je reste toujours "on the edge", sur le fil, sur la mince ligne qui devrait me permettre de m'en sortir. J'ai réussi à maintenir le cap, à accumuler les petites réussites, malgré les soubressauts, les difficultés. Qui peut imaginer mes difficultés à redresser une situation malgré mes handicaps. Cet autisme qui m'empêche de rester au contact des gens plus que quelques heures par semaine. Heureusement, quelques personnes parviennent à accepter mes limites et continuent de communiquer régulièrement à ma façon, ce qui me permet de donner le change quand je suis en public. Je coupe mes imersions dans le monde de longues périodes d'isolement et j'arrive à maintenir l'équilibre.

Le ratio; 8 heures, 12 max par semaine avec des gens. Seule Catherine, qui m'assiste dans mon travail de recherche, peut rester plus longtemps avec moi sans que cela me perturbe trop.

Je suis quand même passablement déprimé en arrivant chez moi. Pendant deux jours, tournant et retournant ma situation dans tous les sens, je ne vois aucune issue raisonnable. Faudra-t-il emprunter les issues déraisonnables?

Le temps passe, et pourtant...

Je lui ai dit il y a quelques jours "je recommence à écrire". Pourquoi recommencer? Parce que j'adore cela. Parce qu'il y a quelques temps, je lui ai dit "avoir été dans la rue a fait de moi une personne plus forte, mais surtout une meilleure personne".

Pas que je ne fus pas déjà une "bonne personne"! J'ai toujours donné ma chemise à qui me la demandait, même si c'était ma dernière, au milieu de l'hiver.

De ce côté, j'ai un peu changé...juste un peu. Je vérifie maintenant que la personne en a réellement besoin autant ou plus que moi!

Mais j'ai compris l'incompréhensible quand tu es dans une situation confortable, quand tu n'as jamais eu de difficulté à travailler, à fonctionner raisonnablement, malgré les handicaps. Quand tu n'as jamais même imaginé pouvoir être (à nouveau) démuni matériellement. Le dénuement matériel est tombé via la détresse psychologique, bien sûr. L'incompréhension...

Que c'est-il passé depuis ces derniers mois?

Gros succès de mes travaux et conférences. Investisseurs prêts à financer... Mais on ne sort pas du trou si facilement. Le premier jour où j'ai mis ma nouvelle voiture sur la route, j'ai eu 2 pv. Un de stationnement. J'ai pourtant regardé attentivement les panneaux. Interdit de stationer jusqu'à 3h. Il est 3h30, c'est bon... Ouais, je suis dans un quartier bilingue, on utilise d'habitude 3h PM si c'est l'après-midi. Pas sur les panneaux de stationnement, bien sûr! Quelques minutes plus tard, je franchis une ligne blanche, me dis le motard, une vraie danseuse moulinant à qui mieux-mieux fier d'avoir trouvé une mine pour ses quotas de la journée. Les lignes sont effacées au sol, mais j'aurais dû voir 50 mètres avant le panneau indiquant l'interdiction de changer de voie. Je sais que je ne pourrai pas payer... Le temps est passé, la justice a tranché. Mes deux amendes de 50$ ce sont transformée en deux fois 250$, mes plaques et mon permis suspendus. Je suis à nouveau illégal sur les routes.

Trois arrestations consécutives. Le compte s'alourdi. La dernière, une gamine, haute comme trois pommes prétend chercher à bien faire son travail en mettant mon véhicule à la fourrière. Je me retrouve sans possibilité de travailler pour un mois. Je n'arriverai pas à gérer...

Je dois avouer que j'ai eu envie de la tailler en pièces. J'ai choisi de lui monter à quel point ce n'est pas ça, le métier de policier, de verbaliser à outrance et de jeter les gens dans la détresse et la rue. Je lui raconte l'histoire d'un gars, rendu au bout du désespoir qui s'est pendu. Je lui dit qu'un jour, ce sera un de ses proches, et ce jour là, de se souvenir de moi!

Je dérape un peu et choisi de risquer la psychiatrie pour boucler mon message. Deux voitures sont mobilisées pour gérer mon cas. Il y a des automobilistes qui ne le savent pas, mais je les ai sauvé de contraventions pendant quelques heures. Une ambulance fini par me transférer à l'hôpital psychiatrique. Il faut être fou pour contester l'ordre établi. Ou criminel, ce que je ne suis pas. Alors fou, ouais, un peu, probablement.

Je passerai 24 heures en confinement psychiatrique. Je penserai beaucoup à quelques personnes. Je réfléchirai et réaliserai une fois encore que je dois me débrouiller seul. Jamais je ne pourrai appeller qui que ce soit. Il faut que je revienne sur terre. Je ferai rire le psychiatre et obtiendrai mon élargissement.

Je suis rendu à près de 4000$ d'amendes accumulées.

06.05.2011

Une fois, une autre...

Oui, voilà, la transition s'opère... Je revis dans ma vraie vie. Je crois que j'ai bouclé une boucle.

Je passe mon week-end et la prochaine semaine qui vont être très chargés, puis je prends des décisions.

La semaine prochaine, je vais être là:

www.libregraphicsmeeting.org

Je ferai deux résumés filmés de mes conférences et peut-être un de ma semaine au LGM de Montréal.

Mes archives se sont allégées une nouvelle fois, mais je n'ai rien oublié de chaque ligne, de chacun de vos mots non plus.

Ma vie réelle va reprendre sa place sur la scène publique. Je vais sortir de ma carapace pour construire ce qui doit l'être, ce qui peut l'être. Mon quotidien s'exposera donc plus "formaté", sur des espaces plus officiels.

Il y a un post que je désire garder ici;

Le 27.12.2010, j'ai écrit:

Oui, il faut le dire...

Une terre ne peut devenir sale que lorsque l'homme a commencé de la fouler au pied!

Et j'ajoute:

Ne foulez pas au pied l'âme de nos enfants...

10.04.2011

La roue tourne...

Grosse période d'incertitude...renouvellement du bail. Dois-je renouveller et m'engager pour un an de plus? Depuis quelques temps, j'ai de la difficulté à me projeter. En fait, je n'arrive jamais, je ne suis jamais arrivé à me projeter une année d'avance. Là, j'ai acheté un nouveau vélo, j'ai une petite tente achetée en solde à la fin de l'été dernier. J'ai envie de tout vendre et de partir à vélo...

Mais je sais où cela me mènerai. J'ai renouvellé mon bail.

Depuis 4 mois, je suis tombé dans une phase maniaque. J'ai décidé d'analyser et comprendre la théorie de la relativité d'Einstein. Je voulais comprendre les démarches qui l'ont amené à cette découverte, les influences scientifiques qui l'ont émulé... Ça m'a pris 6 heures. Et aussitôt, je me suis attablé à des projets de recherche enfouis dans mes cartons faute de moyens. Cela fait 4 mois maintenant. J'y ai consacré 2400 heures étalées sur les cinq dernières années, jusqu'à présent, mais depuis décembre, j'y ai replongé de façon maladive, pour ne rien lâcher avant d'avoir réussi. J'ai commencé à m'équiper pour fabriquer des prototypes.

Il y a quelques semaines, un ami m'a proposé de donner une conférence sur mes travaux. Hier, je reçois un message d'une amie, toute surprise de voir mon nom à l'affiche d'un week-end d'ateliers et de conférences. Elle me joint le message qu'elle a reçu d'une amie commune (ouhh...ça en fait des amis!!! :-D: Ça m'a ému!

le 7 mai.... vraiment majeure dans votre vie

Yo, je vous envoie ceci. D'avance. Programmez-ça dans votre facebook-agenda-bionique. Mais je pense que ça peut être vraiment intéressant pour quiconque veut oeuvrer dans le domaine de l'architecture ou construction et faire face aux changements à venir.. Je fais de la recherche en innovation énergétique avec lui, et c'est super intéressant. On travaille avec des pièces recyclées (éco-centre) pour montrer des systèmes solaires-éoliens-géothermiques. Durant la conférence, je pense qu'il va amener des pistes intéressantes pour les gens qui souhaitent inclure d'avantage l'autonomie dans les bâtiments. Alors, j'vous invite à venir faire un tour, en espérant que cela vous inspire puisque vous êtes susceptible d'apporter du changement...

Ce mail, c'est une amie qui s'est proposée pour m'assister dans mes travaux, deux jours semaine, depuis un mois et demi maintenant, qui l'a fait circuler. Elle est technologue en architecture (équivalent d'un BTS en France). Je suis touché de la lire par ricochet.

Donc, le 7 Mai, je me replonge dans le public et donne ma première conférence depuis des années. (en fait, depuis mon divorce et mes séjours dans la rue...). Lors de cette conférence, je vais montrer qu'il est relativement facile de rendre une maison autonome en énergie, avec la technologie dont on dispose actuellement. Pas d'invention ésotérique extraordinaire, juste une optimisation rigoureuse et un assemblage soigné de choses existantes. Je suis en train de construire des prototypes qui seront présentés dans leur état d'avancement lors de cette conférence. Ces prototypes sont construits presque exclusivement à partir de matériaux récupérés. La seule dépense directe jusqu'à présent est l'achat de lentilles de Fresnel au coût de 10$ sur Ebay et un tube de cuivre et des raccords, pour moins de 10$ également. C'est une installation qui optimise le travail d'une pompe à chaleur géothermique  (en cours d'élaboration à partir de deux compresseurs de réfrigérateurs récupérés) et d'un accumulateur thermique passif très novateur améliorant de plusieurs points le fonctionnement d'une pompe à chaleur géothermique, d'une série de capteurs solaires actifs (par rayonnement et photovoltaïques), d'une conception solaire passive (améliorée entre autre grace à l'étude du système de climatisation naturelle des termitières) et l'énergie éolienne exploitée d'une façon novatrice grace à une turbine d'un tout nouveau genre que j'ai conçu à partir d'un vieil alternateur de voiture, de chutes de contreplaqué et autres bidouillages.

Voilà pourquoi j'ai prolongé mon bail d'un an. Voilà pourquoi je me suis mis en danger une fois de plus... Voilà pourquoi le paiement de mon loyer est en retard, ma bourse vide (j'ai dépensé mes derniers dollars dans l'achat d'outils et d'instruments de laboratoire pour valider de façon pratique et vérifiable tous mes calculs et concepts théoriques!).

Bien que beaucoup d'entre vous soient sur un autre continent, voici le lien vers la programmation du week-end "vivre à l'échelle locale" dans le cadre duquel je vais donner deux ateliers-conférences.

http://alimentsdici.info/echelle.locale/programme.2011

Samedi 7 mai 2011 - thèmes : co-habiter, se déplacer, s'impliquer...

Facteurs humains et technologiques du cheminement vers l'habitat humain autonome;

présentation multimédia avec S. M.

16h30-17h45

Dimanche 8 mai 2011 - thèmes : alternatives pour s'éduquer, travailler...

Travailler à une économie solidaire;

S. M. chercheur en informatique "open source"

Lors de ce deuxième atelier-conférence, je présenterai les avancements de divers projets open source, dont le projet Arduino (qui sert de coeur dans mon installation de maison autonome) et le projet Ubuntu Linux. Je ferai le parallèle entre l'évolution de Linux, qui est le premier projet open source poussé par une communauté bénévole de toutes nationnalités à affronter avec succès des monstres industriels. Depuis un peu plus d'un an je dirai, Linux est devenu une alternative viable pour les particuliers et les petites entreprises et avantageuse économiquement et techniquement face aux modèles coûteux de l'industrie. Un bel exemple pour ceux qui désirent "changer", même modestement, la réalité de notre société!

À noter que j'ai reçu une subvention de 19 000$ pour le développement de mon projet open source (un an de salaire minimum pour me laisser la possibilité de manger et me loger tout en mettant en route mon projet), validant à la fois mes compétences et la pertinence de mon projet. Mais comme toute bonne chose a une fin, je dois à nouveau ramer double pour subvenir à l'essentiel! J'ai attrapé une grosse grippe suivi d'une grosse infection simultanée des 4 sinus qui m'ont laissé sur la touche 3 semaines... et dans mon cas, pas de travail, pas de salaire! J'ai encore 2 jours de bouffe dans le frigo et des dettes qui s'accumulent rapidement!

Pour terminer ce long post, un court extrait d'une des dernières conférences (sur le voyage en bateau) que j'ai donné avant mon divorce. Depuis des années (euh... ouais, bon, des décénies même! J'ai commencé à l'âge de 13 ans!), j'étudie, améliore, répare, construit des bateaux. Des voiliers surtout. J'ai même construit des voiliers de course dans un chantier breton! C'est pour moi le modèle de base de l'habitat autonome, et ce qui m'a totalement fasciné dès le début!

C'est aussi une des bases qui m'a servi dans l'élaboration de mon projet actuel.

(Vous noterez l'habileté avec laquelle je récupère le dérangement provoqué par la sonnerie impromptue d'un portable dans la salle! ;-) )