27/04/2013
Et voilà...
Migration effectuée, zéro dossier perdu ou égaré, mes archives photo, vidéo, travail... tout retrouve une place commune sur mon ordinateur portable.
Récupérés aussi mes marque-pages, mes barres d'outil... tout se fait plutôt fluidement. Ubuntu 13.04 tient ses promesses.
Cette fois-ci, je me fais un script au fur et à mesure du remontage, pour tout réinstaller sans manipulation ou presque, la prochaine fois. De cette façon, que ce soit un changement de disque dur, d'ordinateur... je retrouverai à chaque fois la même configuration.
Je suis très satisfait de mon boulot!
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25/04/2013
Geek time
Il est rare que j'attende un produit technologique avec impatience. Probablement parce que je n'ai pas de budget pour acheter... Quoique... même quand j'ai les moyens d'acheter du neuf, dernier cri, j'attends que le prix du produit chute. Je ne suis jamais pressé. Cela permet aussi que le produit passe l'épreuve du temps, même si aujourd'hui, l'échelle temps n'a plus beaucoup de sens. Le produit devient obsolète quelques semaines, quelques mois tout au plus après sa sortie!
Par contre, dans le domaine de l'open source, je suis en veille permanente. Quatre ans que je travaille exclusivement avec Linux. J'étais perplexe quand Ubuntu a changé son interface graphique pour intruduire Unity. Je suis devenu frustré, comme beaucoup, devant la quantité de bugs à sa sortie. Je ne suis ni résistant au changement, ni prêt à l'adopter aveuglément. Je calcule tout soigneusement quand il s'agit de technologie. Alors, j'ai changé de mouture Linux, passant de Ubuntu à Mint. Je me suis adouci quand Mark Shuttleworth, CEO de Canonical (la société derrière Ubuntu) a expliqué son objectif. J'étais dubitatif. Cela semblait un bel objectif en théorie, mais le chemin me parraissait ardu, voir irréaliste. Je voyais également le potentiel incroyable. Je voyais ce qui ferait mon bonheur technologique; le même OS sur mon smartphone, mon lecteur MP3, ma tablette et mon ordinateur.
Alors, j'ai commencé à piocher pour installer l'engin dans ma machine. J'ai collaboré pour la première fois à la résolution de bugs. Et je dois avouer que plus ça avance, plus les résultats sont enthousismants.
Cela ouvrira la possibilité d'utiliser les mêmes logiciels, donc de travailler indiférement sur n'importe lequel de mes appareils, donc de travailler de n'importe où, à n'importe quel moment. Avec mes sauvegardes automatiques, je ne risque plus de perdre quoi que ce soit. Cela m'est surtout utile lorsque je suis dans la rue. Il m'est parfois impossible de transporter mon ordinateur portable, alors, avancer indiférement sur mon smartphone ou ma tablette serait top!
Pour l'instant, je dois me contenter d'une gymnastique compliquée et pas très efficace. Donc je suis limité... mais on s'approche tranquilement du but! Tout est cependant déjà en place pour répondre à ma mobilité. J'ai un espace de sauvegarde conséquent sur mon cloud, en plus de mes outils habituels, et mes sauvegardes sont automatisées, même quand je suis loin de Montréal. Mon travail est devenu plus fluide!
Demain, le 25 Avril, sort la version 13.04 de Ubuntu. J'en profite pour changer le disque dur de mon ordinateur portable pour un plus gros (750 gig ultra rapide), que j'ai récupéré à bon marché juste avant de partir, et qui va me permettre notament de traîner mes archives vidéos et faire du montage "sur la route".
L'intégration complète ordi/tablette/smartphone est prévue pour la fin de l'année, alors que l'échéance initiale était 2014. Je suis bien content de ce devancement de l'agenda! Je commence à m'y voir, "just in time", cet automne, avec ce qui pourrait être un timing parfait. Après tant de galères, peut-être enfin l'éclaircie dans mon ciel nuageux, avec la possibilité de travailler à chaque fois que je suis en mesure de le faire...Donc une possibilité de booster ma productivité et tirer le potentiel de mes rythmes autistes.
05:12 Publié dans Fantasme de mec | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
23/04/2013
Bonne pioche/mauvaise pioche
Quoi qu'il en soit, il faudra faire avec!
Je dessine des chemins. Comme je l'ai toujours fait. Puis je plante un décors. Rien ne collera comme je le pensais, mais mon imagination retouchera les contours de chaque instant pour recréer une réalité plus vraie que nature. J'ai toujours fonctionné ainsi. Cela rend la vie plus joyeuse, même lors d'une mauvaise pioche. Cela doit rester un jeu. Un jeu trop sérieux parfois, avec des vraies vies, avec des vraies morts.
Comme dans les films, mais en vrai.
Je noircis des pages d'ordinateur. J'aime. Cela coule comme une source intarrissable, irritable.
Cela se déchaîne comme la passion avec laquelle j'affronte chaque tranche de ma vie. Intraitable.
Le petit point que j'avais dessiné, noir au milieu d'une page blanche se matérialise. Lentement. Doucement.
La convergence des lignes de fuite dessinent maintenant un cadre sur lequel je m'adosse.
Élastique, maléable.
Je m'investis pleinement maintenant de ce rôle que j'ai créé pour pouvoir survivre.
Drôle de zèbre dans mes décors. Vos peurs sont mon salut. Je me regarde enfin sans faux semblant. J'ai effacé les incertitudes de mes perspectives.
Je suis moi, sdf, un peu perdu, un peu trouvé, un peu digne, un peu dandy, s'exposant ou se fondant dans le néant... un peu de luxe! J'assemble des mondes qui n'existent pas, car de ce néant seul je peux renaître.
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18/04/2013
Christophe Colomb...
À chaque nouvelle navigation, dans chaque nouvelle situation difficile, je me compare à Christophe Colomb. Bon, c'est vrai, à son époque, les mers n'étaient pas sillonnées de navires gigantesques, aveugles et sourds à la présence de ces bateaux insignifiants que sont les petits voiliers sur lesquels je navigue. Mais, d'un autre côté, j'ai une connaissance phénoménale de la mer, du monde, des étoiles. J'ai des instruments de navigation, des données, dont il ne pouvait même pas imaginer dans ses rêves les plus fous qu'ils puissent exister un jour.
C'est vrai aussi que quand j'ai commencé à naviguer, je considérais hasardeux des choses que je fais aujourd'hui naturellement. Je vais faire bondir bien des marins en montrant de quelle façon j'ai abordé cette traversée. Aucune carte marine après la sortie de la baie de Cheseapeake. Comme seuls instruments de navigation, quelques notes, quelques points de repères griffonnés dans mon agenda, une petite tablette Samsung avec un GPS, payée 150$ (115€), une boussole et une montre de précision, au cas où...
Oui, je sais... c'est un peu ouf mon truc!
Peu de gens seraient capable de faire route avec si peu. Mais j'ai une quantité astronomique de données emmagasinées dans mon cerveau pour compenser, et une évaluation "raisonnable" de la faisabilité de mes aventures.
Mais cela fait aussi partie du plaisir de naviguer que partir à l'aventure, sans chemin trop balisé!
Et à chaque fois que je me disais que j'étais un peu barjot de naviguer ainsi, je me rassurais sur ma santé mentale en me disant que les limites étaient faîtes pour être repoussées. Sinon, Christophe Colomb n'aurait jamais "découvert" l'Amérique. Et je suis bien mieux équipé que lui pour me rendre sur n'importe quel coin de la planète!
Mais chaque matin, quand le jour se levait, je me sentais comme cet homme qui, tombant du vingtième étage d'un immeuble passe devant le dix-neuvième et se dit "jusqu'ici, tout va bien!". Et invariablement, j'explosais de rire en repensant à cette histoire...
Alors, quand, après 30 jours de naviguation (je viens de compter, pour la première fois, le détail des jours navigués, car une des rares choses que je m'impose en navigation, c'est de tenir un livre de bord, à peu près légal, à peu près tous les jours...), je me suis glissé dans la baie de Marigot, mes voiles déchirées, luttant au milieu de la nuit de peine et de misère. J'ai tenté désespérément de remonter au vent un tant soit peu en louvoyant entre les yachts au mouillage pour m'abriter et m'ancrer raisonnablement. Je me suis finalement effondré sur ma couchette en me disant qu'enfin, je pouvais m'endormir sans crainte. J'ai sourit aux anges qui m'avaient peut-être accompagnés et me suis endormi aussitôt du sommeil du juste. Contrairement à ce que je m'imaginais, je me suis réveillé frais et dispo vers 7 heures du matin. Même pas faim, malgré 9 jours de jeun complet, 29 jours de sous-alimentation, sans parler des semaines précédentes, des mois précédents...
Second repas à terre; je commence par le fromage!!!
Et j'ai attendu midi passé avant d'aller à terre prendre mon premier repas, dégustant chaque seconde du bonheur de la libération de l'étreinte puissante, mais aussi parfois étouffante, parfois mortelle de la mer. Et déjà dans mes veines le besoin de ce savant mélange d'endorphines générées par son bercement, d'adrénaline, et de tout ce que la mer donne généreusement par sa puissance, son gigantisme infini, sa beauté incomparable... Et ce sentiment d'être quelque part un membre de cette caste à part de ceux qui ne sont ni morts, ni vivants, en suspend au milieu des mers et des océans, en attendant l'atterrissage!
15:54 Publié dans Fantasme de mec | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
16/04/2013
sans peur et plein de reproches...
Assis devant la mer des Caraïbes, je réfléchis. Je réfléchis à cette façon que j'ai de prendre une situation à un instant donné, et de me tracer un chemin. Un chemin toujours inattendu pour ceux qui m'entourent. Même ceux qui me connaissent bien. Un chemin toujours invraissemblable.
Je déclame ma vie comme une aventure, sans réaliser que je ne suis pas dans un roman. Ou peut-être si... je suis entré dans ce monde parallèle, imaginaire ou pas. Tant de gens y ont cheminé, tant de gens y ont imprimé leurs traces. Où est la réalité? Où est la fiction?
À cheval entre le désir, le besoin de normalité, et l'incapacité de la supporter, j'ai encore dû m'isoler devant l'incompréhension généralisée. Je suis toujours malmené par cet enfermement haït mais seule voie possible. Je n'arrive plus à trouver le point d'équilibre que je supportais avant. Je vis de déséquilibre en déséquilibre.
Dans peu de temps, je serai assis devant le fleuve... devant ce fleuve que j'ai fait mien, le fleuve St-Laurent.
Dans peu de temps, je retrouve un univers familier. Pourquoi? Comment?
Dans peu de temps, je me heurterai encore à des murs. Je devrai encore me dépasser pour trouver les portes!
00:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
11/04/2013
Chat botté ou oiseau à lunettes!
Un cri déchirant de chaton abandonné me tire du sommeil. Je bondis du lit, sors de la maison, et fouille le buisson d'où semble venir les cris. Je ne vois rien, n'entends plus rien. Ce chaton devait avoir des bottes de sept lieues pour disparaître ainsi!
Je monte à l'étage de la maison familliale et parle des cris du chaton à ma tante.
Elle me dit: "Ah, mais c'est l'oiseau-chat!"
Je ne réponds pas. Je ne suis pas sûr si elle se moque de moi avec une fable qu'on raconte aux "métropolitains", ou si elle croit elle-même à cette histoire d'oiseau-chat.
Elle rajoute: "il est très sauvage! Je l'entends tout le temps, mais je ne l'ai jamais vu!". Bien sûr, cela me convaint que c'est une gentille fable martiniquaise.
Quelques jours plus tard, j'entends ces cris à nouveau. Cette fois-ci, je m'approche du buisson à la recherche d'un oiseau...
Et je vois...

Facétieux petit oiseau, le merle à lunettes (Turdus nudigenis), avec son cri de petit chat perdu!
Son cri est vraiment stupéfiant de réalisme (ou de mimétisme?). De quoi faire tourner en bourriques chats et humains!
21:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
10/04/2013
Dien Bien Phu
Passer quelques heures avec un grand-oncle qui était en Indochine, médecin militaire, lors de la bataille de Dien Bien Phu...
C'est un peu comme entrer dans l'histoire de Forest Gump, mais une guerre plus tôt! Surréaliste!!!
L'entendre me remercier d'avoir partagé avec lui mes recherches historico-généalogiques martiniquaises... c'est la cerise sur le sundae!
07:19 Publié dans Fantasme de mec | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Mosaïques (2)
Le ventre vide, le bateau qui, sous son grément de fortune, avance péniblement et refuse de remonter correctement au vent, je me fais instantament un portrait réaliste de la situation et de la misère qui m'attend. Tout va se jouer à la résilience. Le moral va déterminer la survie. Techniquement, c'est jouable. Mais l'accumulation du poids des derniers mois, des dernières années, peut aussi bien me fournir des armes pour m'achever ou pour me sauver.
S'ouvrir les veines et ouvrir les vannes... tout disparait... quelle différence cela ferait-il à la surface de la terre, à la surface de la mer...
Un échec de plus... j'en cumule tant!
Et je suis là, sur la couchette du carré, à regarder les étoiles en me disant qu'il faut que je sorte faire mon tour de veille. Mon esprit est déjà ailleurs, mon corps refuse...
Le reveil que j'ai acheté ne sonne pas assez fort pour que la sonnerie couvre le bruit de la mer, les bruits du bateau. Je suis seul avec moi-même pour m'auto-réveiller toutes les quinze minutes pour cette veille des cargos, indispensable!
Tout à coup, un autre de ces vacarmes assourdissants qui auront ponctué ce cheminement sur la voie de la loi de Murphy se fait entendre. Je sors immédiatement de ma torpeur en me disant que cette fois-ci, mon manque de rigueur aura eu raison de moi. Je bondis dehors. Ça me prend quelques secondes avant de comprendre ce que sont ces lumières. Je tourne la tête. Une muraille d'acier défile sous mes yeux. Elle est tellement proche que je pense avoir heurté le cargo. Je manoeuvre rapidement pour m'éloigner, puis je fonce dans la cabine à la recherche d'une voie d'eau. Rien de visible. Il me faudra attendre le matin pour constater que je n'ai pas heurté le cargo, mais que j'en était si près que le vent de son déplacement a fait claquer mon foc et empaner ma grand-voile, provoquant ce vacarme improbable.
Je prends la mesure de ce qui vient de se passer, en me disant que d'un côté, je présente tous les atouts pour me sortir de cette situation victorieux, et que du fait que j'ai cumulé toutes les malchances, je me suis préservé de cette ultime possibilité de me faire couper en deux par ce cargo.
De l'autre côté, je prends conscience que je ne peux plus étirer l'élastique et qu'il me faudra puiser plus profond encore dans toutes mes ressources!
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Mosaïques
Je n'arrive pas à récupérer malgré mes efforts. Je m'autorise une prolongation de nuit sans sommeil, poussant la machine un peu plus loin, encore...
Avec la nuit tombant, le vent forcit à nouveau. Devant sa rapide montée en puissance, je réduis la toile pour ne pas avoir à faire de manoeuvre la nuit. Mais cela ne suffit pas. La vitesse du vent continue de monter. Je tente de réduire à nouveau le génois, qui refuse de s'enrouler malgré tous mes efforts. En quelques secondes, le vent furieux le met en lambeaux dans un vacarme assourdissant. Et avant que je n'ai le temps de réagir, la grand-voile, du haut de ses quarante ans, cède à son tour.
Alors que je parviens à affaler la grand-voile, rien à faire pour le génois. Je change de cap pour soulager au mieux la voile et ficelle avec une amarre ce qui peut l'être des lambeaux. Je commence à prendre la mesure de la galère annoncée. La loi de Murphy se matérialise.
Les deux jours suivants, je tente de trouver un moyen de sécuriser le génois, puis j'envois un foc numéro trois non endraillé. Je casse la drisse de spi puis la drisse de génois que j'ai récupéré lors d'une accalmie en enlevant le génois sur enrouleur devenu inutile. Je calcule rapidement l'ampleur des dégats. Des dix ou douze jours que devaient durer la traversée, j'évalue maintenant un minimum de vingt à trente jours de navigation, alors que je n'ai que 6 jours de bouffe. Je recale mon menu pour faire durer au moins quinze jours mes maigres provisions. Passé ce délai, il me faudra tenir avec de l'eau uniquement.
Je parviendrai à préserver un menu de deux cuillérées de céréales le matin, et quatre cuillérées de purée en flocons partagées entre midi et soir, jusqu'au vingt-deuxième jour. Heureusement, je me promène toujours avec une boite de vitamines C et de vitamines E, et je peux ainsi compenser un peu ma diète de misère. La carence en vitamines et en protéines se feront douloureusement sentir malgré tout.
Entre l'humidité ambiante "normale", la carence alimentaire, et ces jours à barrer sous la pluie, les embruns et les déferlantes, la peau de mes mains part en lambeaux. Chaque maneuvre m'enlève maintenant une couche d'épiderme! Le bout de mes doigts est à vif et la peau ne parvient pas à se reformer assez rapidement.
Je passerai en tout plus de vingt jours sous-alimenté et huit jours avec deux verres d'eau matin et soir et un verre d'eau sucrée le midi, pour une traversée qui aura duré plus de trente jours. Je m'autoriserai un verre d'eau sucrée en cas de besoin, manoeuvre d'urgence, virement de bord, afin de ne pas risquer de perdre connaissance à cause d'une crise d'hypoglycémie.
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07/04/2013
Le rétroviseur...
Assis sur les marches de cette maison qui n'est pas la mienne, à imaginer une vie qui aurait pu être, à voir les images dans un rétroviseur mal réglé, je commence à me projeter dans le futur proche...
Comment vais-je faire? Je dois une fois encore tout casser pour recommencer à avancer. Avancer d'un seul tout petit pas en espérant que le déclic se fera.
Encore des rencontres, encore un sursis!
C'est mon année litérraire. Elle partage mon vécu, il est auteur connu, ici et ailleurs.
La première chose qui me frappe, c'est sa douceur. Sa douceur à lui, parce que sa douceur à elle, je la connait. Comme toujours, je n'imaginais pas avoir eu la moindre importance dans sa vie, dans leurs vie. Et je suis ému de voir le reflet que j'ai dans sa vie à lui, à cause de l'importance que je n'imaginais pas dans sa vie à elle.
Alors que nous nous apprétons à quitter leur logement, j'aperçois une photo. Mon coeur se brise, les larmes montent comme une vague scélérate...
Qu'avait-il fait pour me toucher autant? Probablement ce geste, ces quelques mots dans ma petite tête d'enfant autiste. Il était beau, doux comme sa soeur, grand comme une montagne. Il est devenu instantanément un grand frère sublimé.
On n'a pas le droit de mourir à 18 ans!
Ils étaient devant ce trou dans le sol, à s'interroger. Deux d'entre eux étaient descendus et ne répondaient plus. Elle a voulu aller voir. Il y est allé à sa place. Il n'est jamais remonté. Les trois sont morts asphyxiés par des gaz qui stagnaient dans ce puit. Elle est restée avec la douleur de ses seize ans, la culpabilité de sa survie, le silence imposé par la détresse de ses parents. Comme moi, personne ne l'a aidé, personne n'a compris. J'avais quatre ans quand on a enterré son frère. C'était la première fois que j'étais confronté à la mort. Première fois que j'assistais à un enterrement. On enterrait mon petit-cousin. Il n'aurait plus de geste doux, de mot gentil pour moi!
Et je pleure à gros sanglots dans ses bras.
Et je dois retourner vivre dans la rue.
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03/04/2013
Et là, LE pépin!
Parmis les choses qui fondent mes choix, mes actions, il y a le désir du durable, avant toute chose. Puis le désir du beau, du bien fait. Je vais me priver des années pour acheter des articles que je vais garder toute une vie. J'ai de nombreuses choses qui passent au travers du temps en se dorant de la patine des années. Parmis mes records; des serviettes de table de soixante, peut-être 80 ans, une serviette de plage de 32 ans, des chaussures de 25 ans!
L'an dernier, j'ai encore brisé un parapluie. Ne trouvant rien de convenable à mon goût, je me suis dit que je finirai peut-être par m'en fabriquer un.
Et la semaine dernière, je suis tombé sur un reportage sur ce gars:

Oh, my god! Que ses créations sont à tomber!!!
Allez, si vous voulez vous faire mal ou ajouter un objet de délire à vos fantasmes, cliquez ici!
Alors, je resterai un mois de plus à la rue, mais j'aurai un parapluie fait main, que je garderai un siècle, et que je lèguerai à mon fils!
Pour une visite guidée, c'est ici!
Je me vois bien, dans la rue, sous une averse, avec mon bagage de sdf (de luxe, hein!) et mon parapluie Michel Heurtault (toute publicité gratuite!).
Ouais, je commence à en rêver... et puis je vous le montrerai, le jour où... (l'espoir fait vivre et le rêve encore permis!)
23:22 Publié dans Fantasme de fille | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Les heures, les jours...
Je tente toutes les options, pour finir à sec de toile. Le vent a grimpé à 60 noeuds dans les raffales et plus rien ne tient. J'attache la barre et je vais prendre quelques minutes de repos. Les déferlantes passent régulièrement par dessus le roof pour innonder le cockpit. Mon inquiétude; le plancher du cockpit qui est endommagé et que je n'ai pu réparer avant mon départ. L'eau rentre, mais "pas trop".
Je dérive, mais n'ai aucune idée de la vitesse et du cap de cette dérive. Le bateau est secoué dans tous les sens, les vagues heurtent le bateau dans un fracas assourdissant. Cette tempête durera plus de trente heures. J'arriverai à voler quelques heures de sommeil, malgré le bruit, l'incertitude, et la circulation maritime toujours intense. Vers minuit, le troisième jour, le vent faibli suffisamment pour que je puisse remettre de la toile. Le bateau repart. Je prends du repos par tranches de quinze minutes, tantôt accroché à la barre, tantôt en l'ammarrant et en me couchant dans le carré. La fatigue permanente commence à prendre ses quartiers.
Je regarde avec émerveillement le soleil se lever, encore. Jamais je ne me lasserai. Je ne fais rien d'autre que barrer, grignoter trois fois par jour, me reposer au gré de ce que la mer veut bien m'octroyer.
04:20 Publié dans Fantasme de mec | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
27/03/2013
Et là, je serai roi!
Bon, j'ai souvent dit et répété que je ne prends aucune drogue... C'est vrai que tout est relatif...
Ce qui est drogue pour l'un n'est que "produit naturel sans danger" pour l'autre.
Bon, alors je vous dit tout...
Ouais, quand je suis arrivé à Saint-Martin, une des premières chose que j'ai acheté...

Ouais, un pot de 750 grammes... Quand ça se compte en grammes, c'est de la drogue, non?
J'ai mis une cuillère dedans, porté à ma bouche... ouais, une fois, puis une autre, puis une autre, puis ainsi de suite jusqu'à la dernière, puis la dernière-dernière. Et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un tiers du pot, peut-être. En quelques jours heures minutes!
Ouais, j'assume comme toujours mon côté féminin! :-D
Et j'ai récidivé depuis! Ouais... et puis je bois du café (entre 750 ml et un litre et demi le matin...ouais, je sais, un litre et demi, c'est beaucoup! Et ma tante, infirmière, en voyant la couleur de mon café, a tenu à goûter. Sa remarque était à la mesure de la "solidité" de mon café). Je mange aussi du sucre, du sel...
Mais le cocktail doit être globalement relativement équilibré. Pas de diabète, pas de cholestérol, pas d'hypertension, une forme physique d'enfer...
If it ain't break, don't fix it! Comme disent les américains.
Si ce n'est pas cassé, pas la peine de réparer. On ne change pas une équipe qui gagne!!!
J'ai parfois fouillé le sujet. Le sujet du chocolat. J'ai toujours lu et entendu dire que la préparation était assez complexe. Bullshit! (mensonge, mais en vulgaire, en anglais!).
Parmis ceux qui me suivent depuis assez longtemps, peut-être certains se souviennent-ils de mon histoire martiniquaise? Les autres... je vous raconterai! L'histoire vaut le détour, je crois...
Je regarde un reportage sur une chaîne locale antillaise, qui m'apprend qu'avant la canne à sucre et la banane, la Martinique cultivait à grande échelle le cacao. Et je vois le cheminement du cacaoyer jusqu'à une chocolaterie très haut de gamme de réputation mondiale, qui fabrique ses chocolats uniquement à partir des fèves martiniquaise. J'en parle avec mes tantes qui me disent qu'elle savent faire... je me souviens d'un "pain" de chocolat (entendez un bloc de cacao pur) qu'on avait donné à mon père quand j'étais tout petit, et qui nous régalait, rapé et mélangé à du sucre et du lait. Le sucre... il faut dire aussi qu'ici, j'ai accès à un sucre de canne dont vous (métropolitains et habitants du reste de "l'occident") ignorez tout! Oui, même le sucre de canne que l'on vous vend n'a rien à voir avec le sucre pur, humide, mouillé, gorgé de sirop de canne et tellement parfumé que l'on trouve ici.
Enfin, bref... j'avais mis une croix sur la fabrication du chocolat jusqu'à ce que...
Mes tantes m'amènent sur un terrain famillial où se trouve un cacaoyer. Un peu de débroussaillage, d'élagage, et la récolte des cabosses commence.
Voilà un de "mes" cacaoyers.
Et une des cabosses que j'ai récolté. Quelques kilos de fèves sont en train de procéder à une mutation. Je vais fouiller, fouiller, ajouter des noisettes, des arômes... et je vous garanti que je vais faire un chocolat bio qui n'aura rien à envier aux meilleurs de la planète!
Ouais, je serai le roi du chocolat bio! :-)
Et puis aussi, sur ces terres, du café, on ne peut plus bio également... du caféier à ma tasse!
Au fait, vous ais-je dit que j'ai enfin trouvé une tasse pour gaucher?

00:44 Publié dans Fantasme de fille | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
24/03/2013
Adrénaline!
Aussitôt le cargo passé, je vire de bord à raz les cailloux. J'entame le bord qui va me mener vers un débridé de folie dans le chenal de sortie de la baie. Un front polaire pousse un amas météo que je vais essayer de devancer au maximum. La température a chuté à moins 6 degrés, le vent a forci à 45 noeuds (un peu plus de 80 km/h). La marée est descendante. La sortie est musclée.
Les cargos se suivent à un rythme impressionant. Je leur laisse toute la place. Comme à chaque départ en solitaire, je vis dans un état second. Je suis à la fois dans l'apréhension la plus totale, presque une terreur que mon esprit impose en mesurant pleinement la démesure, l'absurdité de ce que j'entreprends, sur un bateau trop petit, mal équipé, pas en état... moi qui ai tant répété que la mer, quand tu lui ouvres une porte, elle s'y engouffre. Cette loi de Murphy qui hante, pourchasse et rattrape invariablement le marin imprudent! Tu laisses la possibilité à un problème de survenir, il il invite tous ses copains, même les moins recommandables! Et je suis en même temps dans un état d'exaltation presque hystérique tant j'aime sentir le bateau surfer, vibrer de toute sa carcasse et donner à mon imagination le loisir de penser que le plaisir surpassera tout, une fois de plus. Je me répète comme un leitmotiv que je préfère de toutes façons mourir en mer plutôt que dans un accident de voiture. Mais je n'arrive pas à m'empêcher de frissoner à l'idée de mourir noyé. Le paradoxe insupportable!
Je passe les premières 70 heures sans dormir, accroché à la barre, cherchant à tirer tout ce qui peut l'être de cette météo à la fois difficile à cause des vents trop puissants et trop froids, et à la fois favorable car je ne pouvais espérer mieux que les voir souffler dans mon dos dès le départ! En même temps, je commence à prendre l'exacte mesure de ce qui m'attend en terme de navigation. Il m'est pour l'instant impossible de dormir. Le traffic maritime est trop intense, la mer trop forte, la côte encore trop proche. Et je commence à me rendre compte que la gestion du sommeil sera beaucoup plus dure que ce que j'imaginais.
04:55 Publié dans Fantasme de mec | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
21/03/2013
le cerveau...
J'ai vu ce film pour la première fois en décembre. Une copine qui me l'a fait découvrir.
Quand j'ai retrouvé le lien il y a quelques jours, je pensais qu'il durait une quinzaine de minutes, tellement chaque élément me parlait. Il est très bien fait. Il dépeint bien, par la diversité des autistes interviewés, la complexité du syndrome d'Asperger.
Mon autisme ne se perçoit pas du tout au premier abord. Il faut franchir bien des zones avant de s'apercevoir des manques, des trous dans mes capacités. Capable de résoudre les problèmes les plus complexes, je deviens totalement démuni devant les tâches les plus simples.
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et puis...
Un texto m'informe que finalement, elle rentre plus tôt que prévu chez elle.
Je me dirige chez elle. Plusieurs de ses amis sont là. Elle s'excuse de changer son programme à brûle-pourpoint. Je la rassure sur le fait que cela ne me dérange pas, au contraire.
Parmis ses amis, un se démarque par sa répartie, son humour que je trouve acidulé à point.
Nous allons regarder un match de football américain opposant l'équipe de son état d'origine, l'Alabama, et l'Indiana, en dernier match de finale. Elle m'amuse avec son analyse pointue de chacune des équipes, la composition, les forces et faiblesses, les stratégies possibles. Elle me dit qu'en Alabama, il n'y a pa s grand chose à faire, alors le football américain...
J'aime bien le football, mais le spectacle est aussi dans le salon. Son enthousiasme devant la victoire écrasante de son équipe est communicatif...
Après le match, nous discutons à batons rompus. Ses amis viennent d'horizons très divers, tous très sympas, intéressants dans leurs spécificités.
J'apprends que ce gars à l'humour si incisif est un acteur, stand-up comique et auteur. Baratunde Thurston, auteur primé, best-seller du New-York Time pour son livre "How to be black" (litéralement; Comment être noir). Le livre est effectivement vraiment très sympa.
Voilà, je repartirai le lendemain avec un rayon de soleil, le souvenir d'une rencontre, de rencontres surprenantes, enrichissantes, qui me transportent encore dans le roman de ma vie!
Le bateau dérive rapidement, mais j'avais pris soin de partir au début de la marée descendante, donc le courant me porte. J'évalue rapidement les options. En fait, le choix est incontournable. Je vais continuer à la voile. La rivière n'est pas large, ce sera sportif, souvent contre le vent, mais je ne peux pas faire autrement, tout est trop limite.
Trois jours plus tard, toujours à la voile, toujours vent de face, je suis entre les deux bouées de sortie de Norfolk. La nuit est tombée depuis deux bonnes heures. Je surveille nerveusement le traffic maritime. Je dois tirer deux bords en plein milieu du chenal des cargos. Rien à l'horizon, je me lance. Combiend de temps s'écoule? Je ne sais. Ce sont des secondes... trente... soixante... Quelque chose me vrille le dos. Je me retourne. Le cargo, sorti de nulle-part, à une vitesse très supérieure à ce qui est usuel dans ce chenal, est à deux cents mètres de moi, en pleine trajectoire de collision. Je suis incapable de définir sa route. Tout ce que je vois, c'est cette masse d'acier qui va me couler dans 15 secondes. Je calcule les options. Tirer à babord m'oblige à perdre 15 degrés sur le vent. Ces 15 degrés peuvent être la différence entre la vie et la mort. Je fonce sur tribord. Pendant de longues secondes, 4 ou 5, je pense que je suis perdu. Je m'apprête à prendre le bain, tout perdre. C'est l'hiver, un front polaire balaie la baie de Cheseapeake. "Je vais déguster", me dis-je. Je n'ai pas rencontré un seul bateau de plaisance depuis mon départ. La rive n'est pas très loin, mais l'eau est très froide. Cramponé à la barre d'une main, à l'écoute de génois de l'autre, je calcule... 6, 7... ça va passer! Je regarde la proue passer devant moi, à quelques mètres. Je lève la tête. Mon mât va-t-il être arraché par le pont en surplomb?
Non, je vois mon mât, quelques mètres sous la voute du bateau, se dégager tranquilement de la zone dangereuse.
Encore une fois, dès que les calculs m'ont donné l'option la plus probablement salvatrice, je mets tout en oeuvre pour en tirer le plein potentiel. Encore une fois, cela me sauvera la vie!
Je regarde le cargo passer le long de mon voilier. Il est énorme. C'est un porte-container de bien plus de deux cents mètres. Il est à près de trente noeuds, beaucoup trop vite pour cette zone. Dès qu'il est passé, je mesure pleinement l'ampleur de ce qui vient de se passer.
La loi de Murphy, "loi" anglaise, est également appellée en français chez les marins québécois "la loi des emmerdements maximum". Quand ils commencent en bateau, c'est une réaction en chaîne sans fin.
02:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
17/03/2013
le monde en marche...

Voilà... ça, ça me fait mourir de rire!
15:52 Publié dans Peau zume'hour | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Dead end
Dead end, c'est "voie sans issue"
Ce soir, je tiens ma promesse. J'avais dit ici qu'arrivé en Martinique, je viderai quelques fûts de rhum...
Bon, bien sûr, il faut comprendre l'exagération du narrateur. Qui pourrait vider un fût de rhum au sens littéral... ???
Et puis, en me connectant, je vois, comme régulièrement, ma prof de chant se connecter sur Skype.
Je raconte mes premiers pas dans le chant dans mon premier livre. OK, pas "fair", pas juste...
Je n'ai toujours pas publié mon premier livre! Allez-vous me dire.
Je sais, je sais... mais j'ai des contraintes de vie. Cela devrait se produire cette année. Des obstacles sont levés... enfin vont se lever en Juillet.
Mais quand même... je vous dit que deux professeurs ont voulu, manifesté le désir de m'avoir comme élève.
Le premier est un prof de haut calibre, ayannt une position prestigieuse dans le milieu. Le second est un des meilleurs enseignant de chant au monde je dirai dans le top 4. Encore ces bizarres de coïncidences de ma vie...
Tu rencontres une personne, tu sympathises. Elle te révèle qu'elle est prof de chant. Toi, tu es rénovateur de talent. Échange de cours de chant contre rénovation d'une maison, heure pour heure.
Et en quelques heures, tu comprends TOUT.
Parce que tu es autiste, tu peux mettre en perspective. Et tu commences à libérer ton flux. Libération salvatrice, car quand la voix porte, elle emmène tant de brumes...
Elle m'a proposé de continuer à me former sans me faire payer d'honnoraires (ses honnoraires sont à la hauteur de ses compétences, extrêmements élevés, probablement parmis les plus élevés dans le domaine). Mais je suis incapable d'accepter, même si je sais qu'elle ferait tout ce qu'elle peut pour continuer à me faire progresser. Alors, nous maintenons ce lien... on se voit l'un l'autre nous connecter sur Skype régulièrement. Elle attendra que je fasse un geste car elle sait, elle respecte. Je lui écrirai un roman pour lui expliquer. Car quand j'ai besoin, c'est le seul moyen (et c'est pour cela que j'écris, mais aussi que j'attends pour publier...)
Bref, aujourd,hui, je suis capable de comprendre la voix, de voir la technique présente ou qui fait défaut... comme un mathématicien, comme l'autiste que je suis....
Je vois tout... les détails, le potentiel, les défauts, les manques....
Si vous êtes à Montréal et que vous cherchez quelqu'un pour libérer votre voix, demandez-moi. Je vous garanti que vous ferez un chemin inimaginable au contact de cette prof de chant...!!!
Et au delà, un chemin pour vous, the dead end for me...
04:09 Publié dans Fantasme de fille | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
à corps perdu!
Chaque jour, chaque instant... j'ai le goût d'écrire. J'écris... J'ai besoin de structure pour fonctionner. Mon autisme m'enferme plus que jamais dans son étreinte parfois étouffante au point de vouloir juste cesser de respirer, lui laisser la priorité sur mon souffle qu'il détourne pour assouvir son besoin de me priver d'oxygène.
Les neurotypiques ne peuvent comprendre...
Je suis partagé entre le besoin de vous exprimer ce que je vis, parce que j'ai développé avec plusieurs d'entre vous une relation plus que réelle, parce que je voudrais pouvoir vous dire un jour "ça y est, je vais à peu près bien" et l'envie de le faire autrement, parce que ce blog est loin de remplir, de contenir tout ce que j'ai en moi. Parce que je voudrais vous inclure, vous faire passer du côté de ces gens que je cotoie face à face... Parce que je voudrais vous montrer tout, partager ce qui rend les gens heureux autour de moi quand je finis par transcender les blocages, quand je rends l'improbable possible, le rêve d'un instant magique...
J'ai envie de hurler, de déblatérer sans arrêt pendant des jours, jusqu'à ce que se tarisse, ou pour le moins s'assagisse le flot de ce que je voudrais exprimer et que je ne puis...
Peut-être le pourrais-je, un jour...
Ce court séjour à New-York m'a donné le "jus" dont j'avais besoin. Une personne que je ne connaissais pas du tout m'a apprécié pour ce moment partagé. Je me suis senti pour la première fois depuis des mois, des années, un être humain à part entière.
Puis je me suis enfermé dans mon monde, le monde de la mer, pendant des semaines, menant un combat à la vie à la mort. Vous ne pouvez pas imaginer ce que cela fait de voir la grande faucheuse dressée devant soi, et se dire "il faut que je l'affronte à bras le corps, il faut que je colle mon corps contre ses os, contre son suaire répugnant, en évitant sa lame acérée, ses coups vicieux..."
J'ai mal partout dans mon corps, dans mon âme... je dois me replier à nouveau en moi-même pour trouver les ressources pour avancer encore d'un pas, un petit pas, en avant.
Mais qui pourra un jour me prendre la main? Qui pourra me sortir de cette ornière, de ce toît sans lumière, de ce ciel sans étoile, de ce jour sans soleil...
01:25 Publié dans Haro sur les ogres | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Tip, top, trip
Nous finissons de manger. La sangria servie me monte un peu à la tête. Nous allons marcher dans les rues. Mon hôtesse tient à me montrer une sculpture mobile. Nous nous amusons comme des enfants lorsque la sculpture géante en acier refuse de bouger. Je la charie gentiment en lui disant que c'est encore une fable de New-Yorkais.
Je finis par trouver le moyen d'initier le mouvement, et l'énorme masse se met à tourner dans un grincement strident. Des jeunes se joignent à nous dans le jeu.
Elle m'enmène ensuite dans un café où je devrai trouver mon bonheur, me dit-elle. Je lui avait dit que j'aimais le bon café au point de traîner une cafetière expresso dans mes voyages au long cours. Elle n'a rien oublié. Elle répond aux questions de mes mails auquels elle n'avait pas eu le temps de répondre. Elle me parle de son métier de "forensic psycholgist", qu'elle ne pratique plus actuellement, mais qu'elle sait qu'elle reprendra un jour. Elle me parle de l'impression que cela fait de se retrouver devant quelqu'un qui peut tout à coup avoir des pulsions meurtrières et vous agresser sans prévenir, de ces psychopathes bien réels qu'elle a cotoyé... impressionnant!
Le café est effectivement digne des meilleurs. L'ambiance douce, dans le style "old New-York" du décors, la véranda en fer forgé, tout est propice à l'immersion dans un monde de rêve. Nous goûtons mutuellement au plaisir de nous découvrir, comme un besoin, comme une nécessité, une évidence. Le passage du virtuel au réel est toujours un saut dans le vide, avec ses bons et ses mauvais côtés. Là, c'est vraiment un chemin qui nous apporte chacun ce que nous espérions. Une rencontre simple, un échange profond, et - j'avais été très clair et mis en avant la mention qu'elle faisait de sa relation de couple - sans ambiguïté.
Le lendemain, elle m'avait préparé un itinéraire pour visiter le mémorial du WTC, et donné quelques indications. Elle me mentionne que le soir, elle sort avec de ses amis, et donc qu'elle rentrera plus tard.
Je décide, après ma visite au mémorial du WTC de silloner la ville à pied, aussi loin que je pourrai, de Battery Park en remontant au nord, en faisant des aller-retour d'est en ouest, d'une rive à l'autre. C'est ainsi que je prends la mesure des villes, des endroits où j'arrive.
Et j'y vois également cette file de sans-abris devant un centre d'hébergement... Montréal, NYC, même combat!
Je marche trois heures chaque jour pour aller chercher des provisions, des pièces de bateau, passer un moment à la bibliothèque prendre mes messages et chercher sur internet où m'approvisionner.
Trois heures de marche sous la pluie. Plus les jours passent, plus je sens que mes options se réduisent. Le froid arrive. Il faut que je décolle, sinon, je vais droit dans le mur. Je n'ai pas encore le compte de provisions, loin s'en faut. Je calcule. La traversée va durer un peu plus de deux semaines. J'ai pour une semaine de nourriture, et douze semaines d'eau. Tous les paramètres seraient trop longs à expliquer. Je décide que j'étirerai les vivres et qu'ensuite, je jeûnerai.
J'ai pas mal jeûné ces derniers mois... ça ne me fait pas peur d'ajouter quelques semaines de galère. Ce ne sera pas pire que l'hiver qui envahi mon espace!
Le lendemain de la tempête de neige, je décide de larguer les amarres. J'ai fini par réussir à mettre en marche le moteur après quelques réparations et deux purges du réservoir de carburant. Advienne que pourra.
Je dois faire trois jours de moteur pour descendre l'Appomattox river et la James river pour arriver à Norfolk. Puis, sortir de la baie de Cheseapeake par le Bay Bridge-Tunnel.
De bonne heure le matin, je me prépare. Je laisse le moteur chauffer, vais dans le petit café de la marina saluer le gérant en attendant l'ouverture du pont de chemin de fer qui me bloque l'accès à la descente. Le signal d'ouverture est donné. Le voilier glisse doucement sur la rivière. L'aventure commence. Je passe le pont sans encombre, et tout à coup, le signal des emmerdes est lancé. Le moteur s'arrête. Je soupçonne un reste de cochonneries dans le réservoir de carburant, algues et eau, malgré les deux purges. Je sais déjà que le voyage sera dur. La loi de Murphy montre son nez. Je sais qu'elle ne faillira pas!
00:48 Publié dans Fantasme de fille | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
15/03/2013
Il y a les vivants...
il y a les morts, et il y a ceux qui partent en mer. Cette citation d'Anacharsis que mon frère m'envoyait il y a peu (l'attribuant à tort à Aristote), était la manifestation de son inquiétude de me perdre. Plus inquiet encore que ma mère, peut-être parce que plus "breton" qu'elle!
Le seul moyen à ma portée pour me rendre en Virginie est le bus. Ce sera long. Il faut que je fasse une étape à New-York, pour tenter de trouver au moins une partie des choses dont j'ai besoin pour remettre le bateau en état de naviguer. Je ne peux m'offrir une nuit en ville. Je décide de tenter le couchsurfing. Une fille me répond et m'offre une nuit chez elle. Je ne peux m'empêcher d'être un peu inquiet. Va-t-elle changer d'avis au dernier moment? Et si c'était un psychopathe? D'autant que sur sa fiche, son métier affiché est "forensic psychologist"; psychologue médico-légal. Pas courant, quand même!
Tempête de neige sur Montréal, je rate mon bus, l'averti que je serai en retard. L'inquiétude grandi. Je n'ai pas les moyens d'être pris à New-York dans la rue, avec mes bagages et tout ce que je dois y faire. Et je n'ai pas d'alternative... la méga-galère.
J'arrive à Port Authority, vais dans un cyber-café, car elle n'a pas répondu à mes derniers mails. Je n'ai ni son adresse, ni son téléphone. Ouf, un message avec son numéro de cellulaire (téléphone portable). Je lui envois un texto. Elle me répond, me donne les indications pour me rendre à la station de métro la plus proche de chez elle. Je suis sur mes gardes. C'est au coeur du Queens, que je ne connais pas, et la nuit est tombée.
Je sors de la station, suis ses indications. Je la vois, seule, les mains dans les poches, le cou rentré dans son manteau. Début trentaine, elle est vraiment très, très belle. Ce qui m'inquiète un peu plus encore. Serait-ce un coup monté? Ça pourrait être un traquenard avec des ficelles grosses comme ça! Je l'interpelle. Elle sourit. Les photos de moi lui avaient fait penser que j'étais plus grand... beaucoup plus grand que je ne suis. Elle attendait un géant de 1m95.
On commence à discuter en marchant en direction de chez elle. Elle a l'air "clean". Tout colle dans ses propos. Je gagne en confiance. Mais je suis un peu surpris de ne ressentir aucun doute, aucune inquiétude d'elle à mon sujet. Cela me surprend d'autant plus dans une ville comme New-York.
Arrivé chez elle, elle m'offre la petite chambre d'amis, et me demande ce que je veux faire. Je la laisse me guider. J'ai un petit budget bouffe, elle me propose d'aller au restaurant. Arrivé au métro, la machine à tickets refuse mon billet de 20$. Je lui demande si elle a de la monnaie. Elle me DONNE 10$ et refuse que je la rembourse. Je suis estomaqué!
Aussi touché que quand une de mes lectrices ici, ayant appris la perte de mon lecteur MP3, m'a envoyé de l'argent pour que je puisse m'en racheter un. Merci encore... infiniment!
Nous arrivons dans un petit restau latino, abordable, très sympa. On commande. Je crois que je choisis mieux qu'elle. Mes plats arrivent avant les siens. Je partage avec elle. Elle semble un peu déçue de ses plats quand ils arrivent, longtemps après les miens. Je partage à nouveau les miens, qu'elle semble vraiment apprécier. On discute comme de vieux amis qui ne se sont pas vu depuis longtemps, de pleins de choses, de nos enfances, de nos passions. Elle adore "sa" ville (d'adoption... elle vient en fait de l'Alabama), elle adore son quartier, le Queens, qu'elle n'échangerait pour rien au monde. Je resterai deux jours chez elle. Elle fera tout pour rendre mon séjour agréable. Elle écrira en commentaire sur le site de couchsurfing à quel point j'ai été un invité agréable, respectueux, reconnaissant, fascinant par mon vécu et la façon dont je le partage. "Absolutly lovely" dira-t-elle même en recommandant chaudement aux gens de ne pas hésiter à m'héberger. Je suis touché, vraiment. Presque désarçonné tant mon estime de moi est retombée au plus bas depuis mon retour dans la rue.
Anacharsis était impressionné par ces quelques centimètres de bordé qui séparaient le marin de la mer, de la mort. Allongé sur ma couchette, dans le carré, la tête contre la coque, je sens cette vulnérabilité.
Je suis sur le bateau depuis 10 jours. Il y aurait beaucoup de travaux à faire pour le rendre conforme à mes normes habituelles. Quand je suis arrivé en Virginie, il faisait 18 degrés et grand soleil. Je me suis mis en t-shirt. Depuis, il pleut. Et ce soir, je suis rentré sous la tempête de neige. Il fait zéro dans le bateau. Je n'ai pu faire presque aucun des travaux prévus. Il faut que je parte pourtant, sans attendre. Je ne peux pas reculer.
Au bord de sombrer dans le sommeil, je sursaute tout à coup, me reveillant en réalisant à quel point ce que je fais est excessif, en prenant la pleine mesure du danger. Je vais être sur une coquille fragile sur une des mers les plus dangereuses, d'après "ceux de la marchande" (expression signifiant les marins de la marine marchande). Je vais être seul, devant veiller et barrer 24h sur 24 (je n'ai ni pilote automatique, ni régulateur d'allure) avec des pauses de repos par tranche de 15 minutes maximum, à cause de la circulation intense des cargos dans le secteur, surtout en sortie de la baie de Cheseapeake et au sud des Carolines. 15 minutes, c'est le temps que peut mettre un cargo invisible à l'horizon pour te fracasser et te couler. Cela semble improbable, mais il y a beaucoup d'accidents de ce genre. J'ai déjà gouté à la météo de ce secteur, à ses tempêtes dures comme le silex, et je me vois tout à coup heurté par un cargo, écrasé par une déferlante, en train de couler sans possibilité de secours, car je n'ai ni radeau de survie, ni équipement adéquat. Et je me mets à penser que ce cauchemar est peut-être prémonitoire!
14:43 Publié dans Fantasme de mec | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
24/12/2012
En attendant, je me shoot...
Ne bois, ni ne me drogue... pas une bière, un verre de vin, pas même une cigarette... Je ne fume plus depuis des siècles!
Je garde toutes mes ressources pour préparer ce voyage au mieux. Je me rattraperai avec le rhum de la Martinique. J'ai décidé que j'y ferai une halte de quelques jours, jouerai les marins en asséchant quelques caves, en calant quelques fûts.
Puis je cuverai en me laissant bercer par la mère des Caraïbes et de tous les autres... la mère mer!
Alors oui, je me shoot à l'internet, fouillant frénétiquement à la recherche de mes morceaux. Je retrouve Manfred. Je retrouve Guy. Je recolle les morceaux d'histoires qui me manquaient.
Je visionne des documents, des vidéos de mer. Pour me galvaniser, pour me rappeler, pour retrouver ce qui me manque depuis si longtemps. Ces morceaux de moi qu'on a éparpillé, épars, pillés!
Par la force des choses, je prends mon temps. Tempêtes ont eu raison de la planification du voyage des papiers du bateau. Voie des airs, voie des mers, même combat.
Alors je fouille, trouve des aubaines. J'ai fait des listes.
La première, c'était ce dont j'avais besoin pour partir. La deuxième, ce qu'il faudrait au moins que j'emporte pour naviguer raisonnablement. La troisième, ce que j'aimerais au moins pouvoir acheter. La quatrième, ce que je pourrai peut-être parvenir à acquérir. La cinquième, ce que j'envisage d'acheter finalement, avec un peu de chance. Tant pis, je me gèlerai quelques jours, prendrai quelques risques supplémentaires. Bah, ce sera la mer... les amers à terre amènent l'amer de la mer, avant même de la prendre.
03:28 Publié dans Fantasme de mec | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
21/12/2012
Tournent en boucle...
Les images, les obstacles, les images des obstacles, les images des obstacles vu de derrière parce que franchis, mais qui semblent être à nouveau devant, comme un éternel recommencement...
Et puis oui, devant à nouveau, mais avec le vécu, les outils, le ventre vrillé par les certitudes et les incertitudes, comme tout le monde... Je saute, je plonge, je me lance, je me jette à corps perdu, mais pas perdu corps et âme...
Pour la première fois de ma vie, je plannifie un peu à outrance... plus que de coutume chez moi. Je fais des listes. D'habitude, j'en griffonne une, tout au plus! Je fais des plans, prévois des issues au cas où...
Je vais être seul, jour et nuit, pendant une dizaine de jours pour la première traversée, à travers le triangle des Bermudes. J'avais envie d'aller au diable...
Suivra une navigation merveilleuse au travers des Antilles. Puis trois semaines, peut-être plus, pour un grand bord vers le milieu de l'Atlantique, 600, 800 miles nautiques au large (1100 à 1500 kilomètres environ) pour doubler la pointe est de l'Amérique du sud contre vents et courants, puis descendre sur Rio au portant, poussé par le courant... enfin, tout ça est la théorie. En pratique, la mer...
Je vais retrouver la Virginie, et beaucoup de souvenirs... Je vais me refaire la sortie de la baie de Cheseapeake à la voile. La première fois, je l'avais fait en tirant des bords pénibles sur toute la largeur (l'étroitesse) du détroit qui la ferme, au milieu des cargos, des paquebots de croisière, gagnant péniblement 100 mètres à l'heure, faisant connaissance des pêcheurs qui me hélaient du bord à chaque passage. Puis, après avoir débordé le cap sud, assez largement pour pouvoir prendre vers la haute mer, j'ai fait demi-tour. Je voulais juste prouver que je pouvais le faire, les guides nautiques le déconseillant formellement par vent d'est ou nordet.
Je suis un marin...
23:45 Publié dans Fantasme de mec | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
16/12/2012
Échecs ou mode sans échec
Je n'ai jamais accordé trop d'importance aux dates...
Bon, je fais des efforts parce que pour beaucoup, c'est important.
J'ai été très surpris quand j'ai retrouvé la date de création de ce blog. Le 11 Septembre 2006. Alors, oui, je me souvenais que c'était en septembre 2006, mais le jour... j'aurai dû m'en souvenir.
En fait, j'étais tellement absorbé par quantité de choses, à la rue déjà, que je n'ai dû qu'entrevoir la date, les nouvelles du jour...
Donc 6 ans et quelques mois de blog, plus d'un millier de notes. Aucune perdue, elles sont toutes archivées. De temps à autre, j'allège le contenu de ce blog, réorganise un peu.
Je vais le faire à nouveau, remettre en ligne de façon chronologique les notes anciennes qui me plaisent le plus. Ce sont des tranches d'histoire, de mon histoire!
J'ai toujours eu beaucoup de plaisir à partager avec vous. Je ne bouderai jamais ce plaisir, et chercherai encore à vous offrir le meilleur de moi au travers de ces pages.
De puis ma séparation en 2005, mon divorce prononcé en 2006, ces nuits dans ma voiture, puis dans la rue... Ce sentiment de rester toujours un peu "de luxe" parce que toujours la tête sur les épaules malgré mes handicaps, parce que aucune addiction (si ce n'est celle d'écrire, de donner, de chercher...)... Ces tentatives de réinsertion dans la société. Ces échecs...
Très tôt dans ma vie, j'ai été conscient de ma confrontation aux échecs. Pas trop à l'école. Ma mémoire hors du commun me sauvait. Mais dans la vie, déjà, depuis l'âge de 6 ans...
Mais très tôt également, le sentiment qu'il fallait absolument surmonter, sublimer chacun de ces échecs. Maladivement, intensément, désespérément!
Cette année a été difficile.

Bon, ça me fait rire... :-)
(le juron et les fautes, ce n'est pas moi! Mais bon, ça ajoute peut-être encore au comique de l'image!)
Je me sens un peu comme ça!
Cette année, j'ai perdu beaucoup de choses. Des morceaux de moi. Mon logement, dans lequel j'avais réussi à reconstruire un départ dans la vie, et une bonne partie de son contenu. Mon "box", un mini-entrepôt dans lequel je conservais une partie de ma vie. Il a été saisi pour non paiement. Dedans, des pièces de bateaux, des outils, des livres, des dossiers, des cartes marines qui me seraient bien utiles aujourd'hui... Et les lettres de mon père, décédé quand j'avais 13 ans. Je n'ai pas pu les récupérer. Pour ceux qui me lisent depuis longtemps et se souviennent peut-être d'un détail, paraissant peut-être insignifiant... mon enclume! Une enclume de 110 livres à laquelle étaient rattachées beaucoup de choses, parce que justement, je ne pensais jamais pouvoir la perdre.
Mon coeur se déchire à chaque fois que je repense à tout cela, à tout ce que représente ces choses qui devaient me permettre de retrouver le chemin d'une vie normale. Ces choses, je les avais préservé depuis mon divorce. Cette année, c'est l'échec total, le retour plus loin en arrière que la case départ.
Mais j'ai de l'expérience, de nouveaux outils également. Il faut que je fasse mon deuil pour pouvoir rebondir. J'ai encore un peu de ressort dans les jambes...
De toutes façons, dans la vraie vie, le mode "sans échec" n'existe pas!!!
20:28 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
08/12/2012
Voilà, je pars...
Mais je ne vous quitte pas vraiment, au contraire. Je vais m'ouvrir un peu plus à vous, différement.
Je pars pour de longs mois, mais pas de "Margot" à laisser au port! :-)
On part plus léger, comme cela!
Tout est encore à faire, mais je ne peux me retenir de vous l'annoncer, défiant ma méfiance des choses encore incertaines...
J'ai un contrat en poche, un chèque déposé dans mon compte (mais je vais attendre sa validation par la banque la semaine prochaine, des fois que...).
Il y a tout juste une semaine, j'écrivais cela;
L'eau... ( http://sdfdeluxe.hautetfort.com/archive/2012/12/01/l-eau.... )
J'avais l'impression que cela faisait un siècle que j'avais posté cette note, tellement j'ai travaillé d'arrache-pieds depuis! Le temps a une autre dimension, dans la rue!
C'est ce que j'ai réussi à préserver, ces détails me permettant de conserver un lien avec le monde qui m'entoure, qui m'ont permis d'en arriver là!
Là? Oui, là, c'est un retour à la vie dans le monde. Bon, d'accord, un monde presque interlope (dans le sens vielli du terme...je navigue en zone grise. Légal car pas illégal! Le monde du bateau reste un univers à part, comme celui de la rue!).
Mon mandat; acheter un voilier aux USA, et le convoyer au Brésil.
Bon, pas de San-Francisco en vue, mais la baie de Rio...la découvrir en arrivant par la mer...le pain de sucre, le gigantesque "Chist rédempteur" du mont Corcovado, qui ne peut laisser indifférent les croyants comme les non-croyants...
En attendant mes propres photos, si la mer m'autorise...
Le décalage avec mon vécu des derniers mois parait presque absurde!
Bon, c'est un voilier de plus de 30 ans, neuf mètres, des rénovations à faire... un budget rabougri, mais un logement sûr, une promesse de navigation tropicale au long cours, une routine des plus plaisantes à venir pour moi. Oui, car je suis un marin jusqu'au fond des trippes. Rien pour moi ne vaut une nuit en haute mer, loin des hommes et de leur folie!!!
(Bien que cette folie soit de plus en plus apparente même loin au large!)
La trépidation nerveuse du projet m'a envahi, pour rapidement faire place à la rigueur du capitaine méthodique que je suis. Je note les besoins, évalue les coûts, les risques. Je veux aussi vous faire partager tout cela, vous permettre de mettre ma vie des derniers temps en perspective avec mon vécu plus large. Je veux vous faire vivre ça, vous faire partager la vibration de la terre, de la mer, au delà de tout ce que je vous ai montré de ma vie jusqu'à présent.
Je veux, après avoir partagé ma misère, vous faire partager ce qu'il y a eu de plus fort, de plus puissant, de plus magnifiquement incroyable dans ma vie... ma vie en bateau!
Et je partage une fois de plus ce vidéo, que je n'ai laissé que brièvement sur ce blog; ces années de vie maritime, ces voyages en voilier avec mon fils...
20:37 Publié dans Fantasme de mec | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Les détails...
Mon syndrome d'Asperger me contraint à focaliser sur les détails en premier lieu, pour tenter ensuite de les intégrer dans un portrait global du monde, de la vie... pour le meilleur ou pour le pire!
Alors, parmis les détails, rester présentable. Mais régulièrement, je me questione. Est-ce que mon linge n'est pas trop abîmé, froissé, frippé. Est-ce que mon hygiène est adéquate pour rester présentable.
J'ai du mal à formuler des réponses. Si je sens un peu fort, après une journée de course à la survie, si en plus mes traits sont tirés par la fatigue et mes vêtements sont froissés, mes sacs éculés... comment me voit-on de l'exterieur?
Aujourd'hui, j'ai des réponses:
Un homme, élégament vétu, me tient la porte, mes deux bras lourdement chargés par mes sacs entravant mes gestes.
Peut-être l'aurait-il fait si il avait perçu en moi un traîne-savate sdf... mais je doute. J'ai deux sacs en bon état, je suis habillé avec du linge propre et raisonnablement élégant... même si en regardant de près, on constate une certaine usure. L'avantage de porter des couleurs sombres qui avalent les petits défauts.
Bien que n'ayant pas trop gardé accrochés mes complexes, quand on me regarde, ma première réaction en est toujours une de doute.
"Il voit mon "sdf-isme", c'est sûr"
"Il sent l'odeur de ma transpiration..."
"il voit mon linge râpé"
"Il n'aime pas mon teint métissé, mon allure étrange...étrangère!"
Puis je remets en contexte, et me raisonne. Ne pas "paranoïer". La réalité est que je suis quelqu'un d'apparence "normale", peut-être même un petit peu au dessus de la moyenne, car j'attache de l'importance à être (et non juste paraître!) "bien" pour le monde qui m'entoure.
J'ai augmenté le niveau de prudence d'un cran au niveau de mes lieux, de jour comme de nuit. Il ne faut pas que je trébuche, que je "m'enfarge dans les fleurs du tapis", comme on dit ici! Je porte attention aux moindres détails, réduisant ainsi les risques le plus possible.
Par exemple, sur mon plateau de repas, dans cet espace de restauration, je laisse un ticket de caisse au milieu, semblant confirmer mon achat récent à un des comptoirs m'entourant. Cela change l'allure au premier coup d'oeil...
20:04 Publié dans Fantasme de fille | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
07/12/2012
devant-derrière
Je regarde dans mon "mirroir" (rétroviseur, dans le langage d'ici). Je vois une pente vertigineuse. Je vois encore une petite tâche de lumière qui un jour m'éclaira.
Et devant...
Ma vue se brouille. Suis-je réellement là? Suis-je réellement encore un être humain? Je continue de faire style, mais ais-je encore toute ma raison? Et ces plans sur la comète dont je suis le spécialiste depuis toujours... où me mèneront-ils cette fois-ci?
Au moins, je gère tout tout seul dorénavant. Je ne laisse à personne la moindre emprise sur ma vie. Je suis capable, je suis compétent, et malgré mes limitations, je reste quelqu'un de plutôt bien. J'ai toujours lutté très fort pour être quelqu'un de bien pour les gens qui m'entourent. Et plus encore pour ceux que j'aime.
Plus de six ans que j'ai commencé ce blog. Trois ans pour me sortir du trou, deux ans à ramer pour rétablir quelque chose à long terme. Un mauvais choix, retour à la case départ.
Bientôt six mois que je suis retourné dans la rue. Avec un petit break de quatre semaines. J'ai vu mon médecin. Elle me trouve résistant, résilient. Elle m'a trouvé encore solide pour la période que je viens de traverser. Je l'ai senti moins inquiète, cela m'a rassuré.
Elle veut me revoir après les fêtes. La première fois qu'elle m'a "ramassé", c'était après les fêtes, il y a quatre ans.
Combien de temps cela me prendra-t-il cette fois-ci pour reprendre le dessus? En serais-je capable?
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03/12/2012
Perspectives...
En relisant ma précédente note, je revois ce qui est décrit avec force de détails dans "The Unwritten rules of social relationships" concernant la perception des choses par les "Aspie's" (personnes atteintes du syndrome d'Asperger). Je m'inscris en plein dans ce schéma;
Les évènements, sans commune mesure sont perçus de la même façon. La petite erreur au même niveau que l'erreur aux conséquences dramatiques. Pour moi, chacune de mes erreur est un drame.
Paradoxalement, je suis capable de mettre infiniment de perspective dans les erreurs des autres. Raison probablement pour laquelle on m'apprécie particulièrement lorsque mon entourage traverse des évènements dramatiques. Je me suis fait dire un nombre incalculable de fois combien ma présence et ma façon de dire ou ne pas dire avait fait un bien considérable à mes proches.
Et pourtant, quand je suis concerné... 3 croissants à 4.20$ ou un lecteur MP3 à 240$... deux erreurs identiques et pourtant, si je détaille l'effet dévastateur de ces deux évènements, c'est la perte des croissants qui m'a le plus profondément boulversé, alors que l'impact réel sur ma vie fut bien moindre; j'ai racheté des croissants, et j'ai pu percevoir un montant dû le jour même, ce qui fit que je mangeasse à ma faim. Alors que je souffre toujours chaque instant de la perte de mon lecteur MP3.
Probablement parce que, avec la perte de mes croissants, je répétais deux fois en peu de temps la même erreur, celle d'être incapable de porter l'attention nécessaire à la préservation des choses qui me sont vitales.
16:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
02/12/2012
Série noire...
Je m'accroche à des petites choses pour garder la tête hors de l'eau. Une de ces choses, c'est un petit rituel de longue date, sur lequel je m'appuie pour me convaincre que la vie réserve du bon, du meilleur à venir... Je m'y accroche d'autant plus quand je suis à la rue. Cela me rassure sur ma capacité de faire quelque chose de positif pour moi même en situation difficile.
Ce rituel; les croissants du dimanche!
Alors hier, en fin de journée, je décide d'aller dans une des boulangeries où ils font les meilleurs croissants de Montréal. La dernière fois que j'y suis allé, j'ai mis une croix dessus. Ils avaient changé de boulanger, et les croissants étaient plus qu'ordinaires. Je me pousse à y retourner pour voir si... et, bonne surprise, ils sont redevenus à la hauteur du meilleurs de mes souvenirs. J'en achète trois. Au milieu de la nuit, dans mon lieu d'échappement aux froids redoutables, petit espace de survie de quatre ou cinq heures au plus dur de l'errance, je me réveille en sursaut. Mes croissants, mes croissants ne sont plus là! Je me maudis à voix haute. J'ai oublié mon petit sac de papier et son contenu si précieux sur un banc. Celui d'une station ou celui d'un bus, je n'arrive pas à me souvenir. Je peste doublement en me disant qu'il va probablement être jetté à la poubelle. Si au moins je pouvais avoir la certitude qu'il allait être mangé par quelque affamé...
C'est un des traits particuliers à l'autisme. Ce besoin de certitudes qui nous fait "rusher" jusqu'à l'extrème lorsque l'on n'a pas de réponse satisfaisante à un problème posé. D'où l'obsession compulsive qui résulte parfois d'évènements insignifiants.
Cette difficulté à mettre en perspective, à relativiser...
À cet instant, pour moi, ce petit oubli me renvois à mes incapacités. Incapacités à accomplir convenablement des tâches simples. Incapacité d'être suffisament adéquat pour ne pas me mettre dans des situations extrêmes. Incapacité d'accomplir mon rituel soigneusement planifié pour le lendemain... J'ai envie de me foutre une balle dans la tête tellement cela est insupportable!
Vous rendez-vous compte? Une balle dans la tête pour trois croissants... comme le désespoir peut rendre un esprit affaibli complètement hors piste!
Je me répète en boucle qu'on ne se fout pas une balle dans la tête pour trois croissants. Je sais intérieurement qu'il n'y a pas juste ces trois croissants, bien évidement. Je finis par me rendormir.
Au réveil, je suis à nouveau hors de moi. Mon lecteur MP3, mes croissants... insupportable!
Je calcule... si j'en achète d'autres, ce sera à la boulangerie sur mon trajet. Ils sont presque un dollar plus cher. Si je fais cela, je ne mangerai pas du reste de la journée, car j'aurai explosé mon budget. Mais je ne peux m'y soustraire. Renoncer à mes croissants aujourd'hui aurait un impact désastreux sur ma semaine. J'ai besoin de ces quelques routines que j'ai réussi à installer, et celle-la particulièrement, que j'ai réussi à préserver à peu près intègre.
Alors j'achète mes croissants. Non seulement sont-ils plus cher, mais surtout, ils sont bien moins savoureux. Presque insipides. Pas grave...
Mon café est tiède du coup, puisque j'ai dû le faire au sortir de mon trou nocturne.
17:04 Publié dans Fantasme de mec | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
La fin des notes...
des notes de musique... Je me suis fait tiré mon lecteur MP3 dans le métro, à l'heure de pointe. Je dis souvent que Montréal est une ville ultra sûre. Quand il y a une agression, ça fait la une des journaux. (Je parle ici des agressions "gratuites", pour voler par exemple). On peut se promener avec un IPhone à la main sans risquer de se le faire arracher. Mais il y a quand même un peu de vol opportuniste, un peu de vol par effraction aussi, mais rien de comparable avec la France. Ici, on vit sans volet aux fenêtres, et je connais quantité de gens qui ne ferment pas leur porte à clef quand ils sont chez eux. (Moi, pas, je ferme toujours soigneusement derrière moi quand j'ai un chez-moi). Je me suis fait cambriolé une fois, par un voisin que je recevais chez moi à l'occasion. C'était peu de temps après mon arrivée à Montréal.
Et là, je venais de constater que le fil de mes écouteurs était abîmé. Un seul côté marchait. Je suis resté deux jours sans musique. Et en allant dans un magasin pour voir si il n'y aurait pas quelque écouteur de qualité raisonnable à prix déraisonnablement bas...j'ai mis la main sur l'étui de mon MP3... le choc!
En fait, en y pensant, je me souviens n'avoir pas rebranché les écouteurs lorsque j'ai constaté qu'ils étaient h.s. Donc, je l'ai plus probablement perdu. Le zipper (fermeture éclair, pour les français) de son étui s'est ouvert, probablement en frottant contre mon sac à dos, et il a dû glisser...
J'ai acheté ce MP3 (un Sandisk Sensa de 16 gig avec lecteur vidéo, enregistreur et radio FM) en revenant de France, il y a 5 ans. La qualité de cette petite machine est exceptionnelle et sa taille toute fine, toute étroite, le rendait parfait pour mon mode de vie. Après 5 ans, la batterie Ion Lithium me livrait encore une dizaine d'heures d'écoute continue. Il contenait toute ma vie musicale. Heureusement, j'ai deux backups de ma zique. Au moins, j'ai encore ça! Mais je n'ai plus rien pour écouter, plus rien pour maintenir un petit fil de connection à la vie dans les moments où j'en ai le plus besion (les moments où les bibliothèques sont fermées notament). Cette musique, c'est le petit coup de boost quand je suis rendu au fond du trou, quand j'ai l'impression que rien ne semble plus vouloir fonctionner. Sa radio FM me permettait d'être "branché" sur l'actualité locale, où que je sois.
J'ai lu que plusieurs personnes avaient eu des problèmes avec ce modèle (le lecteur toastait après déconnection du port USB de l'ordinateur). Il s'avère cependant que c'est un problème de Windows, surtout Windows XP et Windows Vista, mais j'ai constaté que même Windows 7 présente encore un risque de ce côté, pas plus tard que le mois passé. En effet, l'écran affiche que l'on peut retirer le média en toute sécurité alors que le port USB est encore alimenté pendant plusieurs secondes.
Je vous recommande, si vous utilisez Windows, de compter 6 à 8 secondes après avoir vu le message de sécurité s'afficher avant de retirer une clé USB, une carte, un appareil photo, etc... (si vous avez une clé lumineuse, on voit clairement la clé clignoter plusieurs secondes après l'affichage du message de sécurité).
J'ai brûlé un appareil photo de cette manière (mon premier APN, un Canon Powershot, acheté il y a une dizaine d'année) sous Windows 98. Depuis...
J'ai vu quantité de personnes brûler des clés ou des cartes mémoires de cette manière.
Alors, peut-être le Sandisk est-il un peu plus sensibe à ce problème que d'autres, mais si vous respectez ce petit truc, vous ne courrez aucun risque.
Voilà... down de chez down... je ne sais pas comment je peux survivre sans ce lien avec le monde, avec mes sens, alors que je suis plus que jamais enfermé dans ma tête. J'ai regardé pour le remplacer. Rien qui approche à un budget abordable. De toutes façons, abordable ne veut plus rien dire pour moi aujourd'hui!
16:37 Publié dans Fantasme de mec | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note






