11.05.2012
C'est en donnant...
Quand je suis désorienté, je regarde autour de moi et je cherche ce que je peux apporter, et à qui. C'est une façon de rentrer en contact avec mon entourage sans risquer d'être trop destabilisé par l'attention qui m'est portée. La personne dans le besoin se concentre sur ses besoins, et je gère plus facilement. Je peux rester dans l'ombre de ma bulle tout en ayant ce lien nécessaire avec le monde exterieur.
J'ai défini que la seule issue praticable pour moi en ce moment, en dehors d'une corde pour me pendre, c'est de travailler via internet.
Donc écrire, acheter et vendre, et autant que possible, avancer mes projets vidéos.
Alors, en aidant une amie proche à organiser ses évènements artistiques printaniers, j'ai reçu une fois encore bien plus que je n'ai donné.
J'ai rencontré son éditeur, très intéressé par mon premier livre.
Bien avant avoir commencé ce livre, j'avais déjà été approché par des maisons d'éditions, à cause de mes conférences et des formations que je donnais. Je n'ai donc jamais douté de la possibilité d'être publié, même si quantité de gens plus ou moins du métier me disaient de ne pas mettre d'espoir dans cette voie sans issue.
Et c'est là que se révèle toute la force de mes compétences (je dois me répéter régulièrement que j'ai des compétences. Enfermé que je suis, sinon, j'oublie jusqu'à en presque mourir). Je me suis formé en autodidacte dans de nombreux domaines, dont la gestion (depuis 18 ans, je fais ma comptabilité, ma gestion, ma fiscalité, gère mes ressources), le marketing, la vente. J'ai validé mes compétences par l'obtention de deux AEC l'an passé. Mes premiers diplômes canadiens, d'ailleurs!
Et ajouté à mes savoirs informatiques, je suis en train de me construire un petit kit de survie qui devrait me permettre de tirer pleinement profit d'une édition, même petite, de mon livre. J'ai attaqué sa traduction en anglais (24 ans de Canada ont réussi à polir mon bilinguisme, déjà solidement établi, je ne sais trop pourquoi ni comment, à la sortie du lycée en France).
J'ai construit quelques systèmes, intégré le peu de matériel qu'il me reste, stabilisé le petit réseau informatique que je me suis monté à l'arrache à la maison pour pouvoir travailler, développé quelques outils pour attaquer solidement une mise en marché.
Je me suis monté deux canaux de web télé, un en français, l'autre en anglais. Je vais remettre mon site internet en ligne ainsi que trois nouveaux blogs pour diffuser trois choses qui me tiennent à coeur: Un sur la santé et la condition physique. Un élément qui m'a permis de tenir le coup, c'est de garder une condition physique impécable même et surtout dans les moments les plus difficiles. Outre avoir étudié la quantité invraissemblable de régimes que les gens autour de moi ont pu suivre, je compulse systématiquement tout ce qui me tombe sous la main sur le sujet. J'ai fini par définir les éléments clés qui me permettent, comme à un certain nombre de gens autour de moi, de rester en bonne condition physique, sans efforts démesurés, sans argent, juste avec du focus et de la rigueur.
Un autre sera consacré aux technologies et à l'informatique Open Source.
Le troisième sera consacré au développement durable, aux découvertes que j'ai fait sur la possibilité de rendre les maisons autonomes en énergie. Depuis longtemps j'ai construit, aménagé, restauré des bateaux, essentiellement des voiliers. Ce sont des habitats autonomes consommant fort peu d'énergie non renouvelables. Beaucoup des technologies employées sur les bateaux peuvent être mise en oeuvre avantageusement dans les maisons.
Et je conserverai celui-ci pour faire le lien entre ma vie et ces moments où je me suis retrouvé démuni. J'y commenterai mes livres, essairai d'expliquer...
Restera à trouver et mettre en place un moyen de tirer des revenus de tout cela.
Stay tuned, comme disent mes voisins américains! (restez branchés!)
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09.05.2012
Sur le fil du rasoir...
Je ne sais plus trop où je m'en vais, mais j'ai besoin de réagir vite...
Je ne peux pas travailer normalement actuellement. Depuis deux mois, je ne passe pas plus de 3 ou 4 heures "au contact" chaque semaine. Je suis enfermé dans une spirale infernale. Loyer en retard, plus de ressort.
J'ai néanmoins réussi à rassembler quelques options possibles:
Informatique: Je suis devenu relativement performant, parfois même geek assez génial...
Mon précieux ordi portable a lâché, à cause de la surchauffe du processeur grapĥique, problème connu sur ce modèle. Le problème s'est accentué jusqu'à devenir critique et planter irrémédiablement la machine. Petite fouille sur internet pour évaluer les solutions. Ma formation d'horloger me permet de maîtriser l'aspect manuel, mais les connecteurs minuscules, la fragilité des connections me faisaient un peu peur malgré tout. Si j'endommage la moindre pièce, je n'aurai pas les moyens de la remplacer. J'ai trouvé deux remèdes. Le premier, insérer une pièce de 1 cent entre le processeur et le refroidisseur, ce qui augmente la masse thermique et dissipe mieux la chaleur. Deuxième option, si ce n'est pas suffisant, cela veut dire que les connections sont peut-être endommagées. Des geek malades ont trouvé un remède drastique de dernier recours; mettre la carte mère au four autour de 230-240 degrés une dizaine de minutes. La chaleur reformerait les connections endommagées.
J'ai mis en pièces mon ordinateur avec une certaine appréhension. Désossé, complètement! En réfléchissant, je me suis dit que je n'avais pas le choix. J'ai soigneusement tout nettoyé, enlevé la vieille pâte thermoconductrice des processeur avec un solvant, enlevé la moindre trace de poussière, de graisse, vérifié au vernier électronique que l'espace l'espace entre le GPU et le refroidisseur est suffisant pour y insérer la fameuse pièce de 1 cent et j'ai amélioré la conductibilité thermique avec une pâte thermoconductrice sur les deux faces de la pièce de monnaie. J'ai noté au passage que le radiateur refroidissait à la fois le CPU (Central Processor Unit) et le GPU (Graphics Processor Unit), ce qui ne m'étonne pas... C'est à cause de cela que le GPU entrainait le CPU dans un emballement thermique effrayant. Je remonte le tout. Je mets l'ordi en marche. C'est toujours le moment de stress... Le moindre oubli (j'ai un déficit de l'attention qui peut me jouer des tours!) et c'est des heures de travail supplémentaire. J'appuie sur le bouton et rien ne se passe. Nada! Je fulmine un instant sur la maudite électronique. Puis je me dis que cela fait longtemps que l'ordi était mis de côté. Normalement, la batterie devrait être chargée, mais bon... je branche le cordon. Tadaaaam! Il repart comme un charme. Après installation de Linux Ubuntu Precise Pangolin (12.04LTS), je suis impressionné du résultat. Mon ordianteur (un HP Pavillion 2500 de 4 ans et demi) marche mieux que quand il était neuf. Le remplacement de Windows par Linux Ubuntu y est pour beaucoup. Moi qui pensait devoir le changer pour travailler avec les derniers codecs, les derniers logiciels, les formats vidéos HD dont ont besoin mes clients, c'est devenu inutile. La puissance, la rapidité et la stabilité de la dernière mouture de Ubuntu sont impressionantes et il devrait répondre à mes besoins encore quelques temps. Mais la pièce de 1 cent fait vraiment la différence. Mon ordinateur reste froid, même après des heures de streaming vidéo. J'ai installé un contrôleur de température, et elle reste stable en dessous de 60 degrés, alors que je ne pouvais plus toucher mon ordinateur après 10 minutes de lecture vidéo HD!
Quand je pense qu'une multinationale comme HP ait pu miner sa réputation et ses ventes pendant des années pour un problème que j'ai réglé avec une pièce de 1 cent!
Alors, en informatique, je remonte des machines performantes à partir de vieux ordis ramassés dans les poubelles, mais ma structure commerciale est déficiente.
Bref, je suis capable de faire des choses en informatique, mais je ne suis pas en mesure de les vendre actuellement. Pas en mesure de respecter un ratio de production/vente me permettant de survivre. Pas en mesure de travailler dans une structure commerciale non plus, incapable que je suis de fonctionner avec du monde autour de moi.
Restent la vidéo et l'écriture.
La vidéo, j'ai de belles images... j'ai de belles histoires... mais c'est encore du temps et besoin de fonds pour pouvoir compléter, monter, faire la postprod...
L'écriture... J'ai fini mon premier livre il y a deux ans. Mais mon fils n'était pas prêt à voir cela sortir comme ça.
Je me demande si je peux le faire aujourd'hui sans risquer de perturber notre relation. Je sens au travers de ses mots que sa mère espère encore me voir revenir, et je crois qu'il espère lui aussi, peut-être parce qu'il approche de plus en plus du moment où il va quitter la maison. Cela fait bientôt un an qu'il a fini son cours professionnel et commencé à travailler. Bien payé, il en est à sa troisième augmentation, sa voiture payée cash, il a des économies, et aucune dette!
Mais je pense qu'il a peur de laisser sa mère seule...
03:11 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
07.05.2012
Reconstruire... encore!
Et arriver à le dire. Arriver à accepter de s'être planté à nouveau et en parler...
Trouver du ressort pour rebondir une fois encore...
Il y a quelques mois, pour parvenir à stabiliser ma situation, et comme les choses semblaient favorables, j'ai pris deux associés, dans deux projets différents. Sans me disperser, je me disais que je minimisais les risques.
Mais j'ai mal évalué les personnes. J'ai pourtant bien mis en perspective, avec force de détails mes handicaps. Mais je n'ai pas vu les fondements des personnes que j'avais en face de moi.
Quelques mois plus tard, je perds non seulement les efforts démesurés que j'ai investi, mais aussi le peu de ressources qu'il me reste, matérielles et émotionnelles. La confiance en mon ressort s'affaiblit.
Le bilan:
Mes handicaps:
syndrome de l'homme battu toujours présent, mais je peux en identifier rapidement les "accès", comme on sent monter une fièvre.
Trouble déficitaire de l'attention; contrôlable en restant dans des conditions de travail particulières que j'ai réussi à bien définir ces deux dernières années.
Capacité de rester en présence de gens: 12 heures par semaine au mieux, incluant travail et vie privée. Cause partiellement identifiée; forte probabilité d'autisme de haut niveau (syndrome d'Asperger). J'ai réussi à remonter très loin en arrière pour identifier à chaque période de ma vie l'impact que cette limitation a eu, et comment j'ai composé avec.
Mon entourage me demande souvent comment j'ai fait au cours de mes 18 ans de vie en couple, avec la mère de mon fils. De l'exterieur, rien ne paraissait. De l'interieur, mon ex-femme, au moment de la séparation, n'a pu retenir ces mots: "Tu as toujours répondu à toutes mes questions, à tous mes besoins et au delà. Parfois, c'était un peu long d'attendre la réponse, mais quand elle arrivait, c'était...whouhaaa... ça vallait toutes les attentes du monde!".
Cette phrase, je la garde précieusement. Elle ne l'aurait pas prononcé si elle avait su le bien que cela me fait encore aujourd'hui. Je l'ai quitté quand je me suis aperçu que durant notre vie commune, il n'y a pas eu une période où elle n'ait véhiculé une montagne de mensonges, pas une période où je puisse me dire que je pouvais lui faire confiance. À ce moment, un ami proche, complètement incrédule relativement à notre séparation m'a demandé: "Quel est le pourcentage de possibilités que vous reveniez ensemble?". La réponse a été instantanée: Zéro pour cent. Je suis sous certains aspects totalement psycho-rigide. Impossibilité de reconstruire une confiance (j'avais à plusieurs reprises totalement effacé certains de ses agissements pour reconstruire les fondations d'une saine relation. Je suis capable de cela. Mais là, le gouffre était béant, tous les chemins maintes fois empruntés menaient au même cul-de-sac). Arrivé là, j'en avais suffisament fait, suffisament souffert. Et j'ai besoin de remonter jusque là, une fois encore, pour tenter d'identifier à nouveau comment me reconstruire.
Quelques uns des traits autistes très marqués chez moi: l'incapacité de comprendre le mensonge, la malhonnêteté, intellectuelle surtout. Incapacité de composer avec. Incapacité de jouer un jeu que l'on sait idiot. Incapacité de tolérer l'intolérable; l'injustice, la malhonnêteté, le mensonge (non, je ne radote pas, je ne ratiocine pas, c'est juste une tentative d'effet de style! ;) ), la méchanceté gratuite (différente de la méchanceté payante, pas plus acceptable, mais compréhensible, explicable...)... et être totalement et irréversiblement stigmatisé par cela. Je ne sais pas pourquoi. Je ne peux que constater. J'ai aussi un problème de structure lié à un déficit de l'attention très prononcé.
J'ai des amis, des vrais amis, qui m'aiment beaucoup pour ce que je suis. Quand je pense à eux, à la façon dont ils me manifestent leur appréciation, leur amitié, leur attachement à ma personne, j'arrive, avec un énorme effort de raisonnement, à me dire que je vaux quelque chose...
Je vois tellement tous mes handicaps en gros plan dans ma vie. J'en oublie toutes ces années où je les ai surmonté, sublimé...
Mes forces:
La résilience...
De temps à autre, je m'oblige à faire l'addition de mes forces. Quand on les voit, on se demande comment il se fait que je ne puisse pas mieux m'en sortir. C'est là tout le complexe de l'équation. Il est presque impossible de s'imaginer le frein de mon autisme quand on me voit. J'ai l'air trop normal, non, même anormalement bien, agréable, communicatif... autant de choses qui ressortent systématiquement de mon contact. Je suis un facteur d'émulation. Je vois tout de suite le positif chez les gens et j'essaie de le révéler, de le magnifier, ce qui fait qu'à mon contact, les gens sont souvent encouragés, émulés vers de bonnes choses. C'est une de mes qualités, mais aussi un handicap, car j'omet de regarder le négatif et d'équilibrer par le réalisme, ce qui apporte parfois des déconvenues, et ce qui explique aussi certains de mes errements.
Mes forces, en dehors de celle-là; Il y a deux ans et demi, lors d'une évaluation professionnelle, on a identifié chez moi une extraordinaire capacité à régler les problèmes complexes en dehors du language, du cognitif. Cela s'est manifesté dans ma vie par ma capacité à mettre au point des machines complexes, de régler des problèmes humains délicats, d'apprendre de façon autodidacte à peu près n'importe quoi et d'accumuler un savoir modélisé d'une façon très particulière, rendant mes capacités en perpétuel développement. Mais une fois encore, totalement impraticables dans notre société.
J'aime écrire, j'aime transmettre (mais suis limité par ce chiffre de 12 heures par semaine, ce qui veut dire, si je veux garder un certain équilibre, 4 ou 5 heures de contacts professionnels pour 7 ou 8 heures de contacts personnels. Ce n'est pas beaucoup pour parvenir à gagner sa vie, et garder une forme d'intégration sociale et personnelle...).
J'aime raconter des histoires, des bouts de ma vie qui allument les gens. J'aime sentir leur réaction...
J'aime lire... si on pouvait me payer pour toutes les lectures que j'ai fait...
Je vais quitter cette note à moitié déprimé, à moitié structuré par le fait de l'avoir écrite. Je vais la publier, en le regrettant aussitôt, en me disant que ce n'est pas forcément bon de se livrer ainsi. Mais je me dis que cela peut peut-être apporter quelque chose à quelqu'un... cela peut aussi peut-être m'apporter quelque chose personnellement...c'est pour cela que les artistes arrivent à vaincre leur trac, non?
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13.04.2012
mémoire...
"Je me souviens", c'est la devise du Québec, mais ici comme ailleurs, dans mon autre patrie par exemple, on a la mémoire courte. C'est déprimant de voir à quel point!
Il y a quelques temps, je découvrais que des gens en connaissaient plus sur moi que moi-même, à certains égards.
À l'heure des choix, dans la vie de chacun, il est bien de savoir... Oh, on le sait bien, évidement, mais on oublie, on relègue en arrière plan!
Une fois n'est pas coutume, je copie un article vu ici
Les dix stratégies de manipulation de masses
Le linguiste nord-américain Noam Chomsky a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les média. Nous la reproduisons ici. Elle détaille l’éventail, depuis la stratégie de la distraction, en passant par la stratégie de la dégradation jusqu’à maintenir le public dans l’ignorance et la médiocrité.
1/ La stratégie de la distraction
Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »
2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions
Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.
3/ La stratégie de la dégradation
Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité,
délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.
4/ La stratégie du différé
Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.
5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge
La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? «Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celle d’une personne de 12 ans». Extrait de «Armes silencieuses pour guerres tranquilles»
6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion
Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…
7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise
Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »
8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité
Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…
9/ Remplacer la révolte par la culpabilité
Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…
10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes
Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.
“Cette société durera, avec ses souffrances et ses injustices, tant et aussi longtemps qu’on prétendra que les engins de mort créés par les hommes sont limités, que la Terre est inépuisable et que le monde est une poubelle sans fond. A ce stade de l’histoire, il n’y a plus qu’une alternative. Ou bien la population prend sa destinée en main et se préoccupe de l’intérêt général guidée en cela par des valeurs de solidarité ou bien c’en sera fait de sa destinée tout court.”
Noam Chomsky – né en 1928 – Angleterre, 1974
19:42 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
16.01.2012
Ô soleil...
Je me lève et vois la lumière vive du soleil pénétrer au travers des rideaux du salon. Il fait bon... 22 degrés, et je souris en les ouvrant et imaginant la température de l'autre côté de la vitre. Moins 29, 51 degrés d'écart thermique. Hier soir, en passant la tête dans l'encadrure de la porte, j'en ai eu le souffle coupé.
Alors je me suis fait un petit déjeuner et j'ai savouré.
04:17 Publié dans Fantasme de mec | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
11.01.2012
Un petit tour...
Un peu plus de six ans que j'ai commencé à glisser doucement, à devenir quelqu'un d'autre...à moins que je ne sois redevenu moi. Des nuits dans ma voiture, puis dehors...
En allant dîner avec mon fils, je ne peux m'empêcher de refaire le tour, une fois encore...
Des visages, des souvenirs... mes anciens employés... ma secrétaire, deux enfants en bas âge, récement divorcée, dont le petit frère s'est suicidé... tout cela la même année!
J'ai connu ce petit bonhomme alors qu'il avait neuf ou dix ans.
Ma nuit la plus froide dehors; moins quinze degrés. "Petit joueur!"
C'est en voyant un sans abris marcher toute la nuit par moins trente, quelques années auparavant que j'ai compris comment il survivait dehors depuis si longtemps.
Alors je n'ai pas eu peur, cette nuit là, de faire pareil. Me recroqueviller à l'abri du vent pendant quelques minutes, assis sur une pile de journaux et de cartons, pour essayer de grapiller quelques instants de sommeil. Ne pas rester trop longtemps, pour ne pas faire fondre la neige et qu'elle imprègne le papier. Ne pas trop me refroidir non plus. Me lever, marcher d'un pas vigoureux, sauter sur place... et très vite, l'envie de m'allonger sur la glace du fleuve et me laisser engourdir pour ne jamais me réveiller. Les heures les plus dures? Trois heures à cinq heures trente, l'heure d'ouverture du métro. Heureusement, j'ai toujours trouvé les ressources en moi pour ne pas me laisser aller complètement.
Aujourd'hui, je suis bien d'avoir ce vécu. J'y repense sans aucune amertume, avec une certaine jubilation même, peut-être. Cela m'a rendu meilleur. Non que je n'eusse été "bon" auparavant. Simplement, je suis meilleur maintenant. J'ai une perspective sur tant de choses, une perspective qui ne s'aquiert qu'au prix du sang!
Je suis au chaud, je regarde par la fenêtre, voyant sans les voir les drames qui se déroulent quotidiennement autour de moi, à quelques pas, un peu plus loin. Bien que relativement épargné par la crise, le Canada voit son lot de laissés pour compte grandir néanmoins. Rien comparé à la France, mais le dérapage est perceptible malgré tout, plus insidieux peut-être.
Deux ans maintenant que je suis raisonnablement logé et que je mange tous les jours. Deux ans que je tire mes épingles du jeu, une à la fois... pas encore une vraie vie, je dois accepter de rester enfermé dans ma tête une plus grande partie de mon temps, pour survivre, pour parvenir à endurer le contact humain suffisament, pour ne pas me couper totalement du monde. Je n'ai pas le même regard sur le temps, sur la solitude que le monde qui m'entoure. J'ai besoin de ces barrières qui me protègent du contact. C'est pour cela que j'ai toujours tant aimé naviguer en solitaire.
Je suis au chaud, je regarde par la fenêtre. Je vais plutôt bien, surtout si je compare...
15:28 Publié dans le début de l'histoire | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
02.01.2012
Un jour...
Un jour après l'autre...
Un jour à la fois...
Des pas en avant, l'impression de ne pas avancer, pas au pas que je voudrais...
Et un regard en arrière et de s'apercevoir qu'on a fait beaucoup de chemin...
Il y a un peu plus d'un mois, j'ai brisé mon oeil... mon oeil électronique, celui qui me permet de partager avec vous, avec le monde qui m'entoure. Un petit appareil photo compact Canon SX 200. J'avais lu (trop tard, après l'achat, sinon cela ne serait pas drôle!) qu'un problème récurent affectait cet appareil. Après un certain temps, il arrive que le zoom se bloque en position sortie. Et c'est ce qui m'est arrivé.
Ma première formation d'horloger aidant, je suis un peu maniaque de tous les aspects mécaniques de ce que j'achète. Mes formations en électronique et en informatique complètent le désastre de mon intolérance à la médiocrité de bien des produits. Ceci dit, la technologie offerte aujourd'hui à des prix à peine imaginables ne cesse de me fasciner.
Heureusement, j'avais acheté cet appareil photo d'occasion, à l'état quasi neuf, pour moins de la moitié de sa valeur, il y a déjà plus d'un an. Heureusement, la personne qui me l'a vendu avait pris une garantie prolongée. Je ne prends jamais de garantie prolongée, sauf pour les machines à laver et les appareils photos... quand j'en ais les moyens. Mais là, cadeau... je le retourne au magasin qui me rappelle 4 semaines plus tard pour me dire que l'appareil n'est pas réparable, et qu'il vont me l'échanger pour un modèle équivalent, le SX220 HS. J'ai aussi le choix d'opter pour un bon d'achat du montant de l'achat initial, soit le prix d'il y a deux ans. J'hésite en regardant le Panasonic Lumix , l'évolution de l'appareil que je possédais juste avant, dont la mécanique et l'optique sont nettement supérieures à mon avis. Le boitier également est de meilleure facture, un peu plus massif et robuste et les commandes mieux dessinées.
Les caractéristiques générales des deux appareils sont très proches; Plus ou moins le même poids, les mêmes dimensions, le Panasonic offre un zoom avec un grand angle avantageux, le Canon offre un meilleur capteur et un meilleur processeur d'image, le DIGIC 4, à mon avis. J'avais choisi de passer au Canon à cause d'un programme de "hack", CHDK, qui permet de débrider les caractéristiques des appareils photos Canon, leur permettant notament de faire des prises de vues en format RAW.
http://chdk.wikia.com/wiki/CHDK
Je veux, j'ai besoin dirais-je, d'un appareil photo compact versatile, que je traine partout avec moi, pour prendre des photos dans le cadre de mon travail, avec un mode de prises de vues vidéo HD, un grand angle, un zoom assez puissant, et une qualité d'image d'un niveau exploitable professionnellement, sans prétention, mais indispensable à ma survie dans mon travail.

Immédiatement après l'achat (sans argent déboursé), je regrettais mon choix. Je n'aime pas le design, les commandes ne sont pas agréables ni instinctives à l'usage, et ce flash, mal placé, qui se trouve toujours sous l'index quand on allume l'appareil photo, et qui donc force un instant avant de renoncer à sortir... Il faut ensuite le déployer manuellement au besoin, avec un petit frein désagréable qui risque de briser avec le temps. Mais après quelques prises de vue, et en regardant le potentiel de l'appareil une fois hacké avec CHDK, je suis lentement séduit. Et quand j'ai vu le boitier étanche à 40 mètres que fait Canon pour cet appareil, là, toutes mes réticenses sont tombées... (bon, ok, ce n'est pas pour tout de suite, il vaut le prix de l'appareil seul!).
http://www.lozeau.com/catalogue/accessoires/accessoires-s...
J'ai pris une nouvelle garantie prolongée, et je me dis que si il me tient 2 ans, je pourrais le revendre pour passer au modèle du moment, sans trop perdre au change. C'est ce que j'ai fait avec mon précédent Lumix. Sinon, il meurt de causes naturelles et il sera remplacé à nouveau pour le modèle du moment. Je suis maniaque, et mes équipements sont rigoureusement entretenus et traités comme des bijoux. J'ai encore l'outillage acheté lorsque j'ai construit ma première maison, trois ans après mon arrivée au Canada, il y a 18 ans, en parfait état, continuant leur service intense sans faillir.
Sinon, cela a fait deux ans que j'ai retrouvé un chez-moi décent, et depuis deux mois, j'ai intégré un nouvel espace de travail que je rénove et dans lequel j'installe mes quartiers professionnels, libérant ainsi mon appartement de sa surcharge d'équipements professionnels de toutes sortes et m'ouvrant les portes d'un nouvel envol professionnel, plus stable, plus efficace, plus intéressant.
01:02 Publié dans a retenir... | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
19.09.2011
Et le monde continue de tourner...
Oui, avec ses millions de morts, sa misère et ses bonheurs... Comment ne pas vouloir porter une partie, même infime, de ses malheurs. Mais comment y parvenir sans se perdre, sans s'anihiler, se dissoudre?
Les mois de mai et juin, sans voiture, ont été éprouvants. Mes revenus sont tombés presque à zéro pendant 6 semaines. Courir en vélo d'un côté et de l'autre, avec des journées affichant parfois une soixantaine de kilomètres à bicyclette, souvent à un rythme intense, en plus du travail à accomplir. Bizarement, je ne faisais pas le lien entre ma fatigue physique et ces distances parcourues en vélo. En fait, je crois que c'est la fatigue morale et mentale qui me marquaient le plus. Me retrouver à nouveau à cours de l'essentiel. Aller au supermarché sans pouvoir rien acheter, sauter des repas, jeuner, tomber d'inanition parce que j'en demandais beaucoup à mon corps...mais ne pas lâcher, continuer de voir le positif malgré tout. Le positif numéro un, mes jambes et ma capacité pulmonaire ont atteint un niveau qui me ravi. J'ai un peu maigri, un peu trop à mon goût... Je parviens à assister à tous mes cours de formation, liés à la subvention qui est maintenant terminée, et j'ai obtenu mon premier diplôme canadien. Petit à petit, je ramasse l'argent nécessaire à payer mes contraventions et prends des ententes avec la cour pour ce que je ne peux pas payer. J'ai réussi à maintenir mes relations professionnelles raisonnablement "clean" et je récupère enfin ma voiture. La vie reprend un cours un peu plus normal, même si mon loyer et mes comptes en retards commencent à m'inqiuéter. Je ne suis pas au bout de mes peines...
Il y a à nouveau une longue pente à remonter. Je reçois de nombreux messages d'appréciation de mes collègues de formation. Ça me nourri, me fait du bien. Une d'entre elle, une jeune directrice artistique, a gagné une petite bataille (habituellement, je ne vois pas ce genre de choses...) sur une autre paticipante pour s'assoire à côté de moi. Tout à coup, je remets en perspective ces mois de formation. La première fois que l'on s'est vu, c'était à l'examen d'admission. Elle était avec un de ses amis, et je ne pensais pas qu'elle m'ait même regardé. Au début du premier cours, elle est entrée avec ce même ami et a souri à la salle entière. Je me souviens m'être dit que je rêverai de me réveiller chaque matin, pour le restant de ma vie, avec un sourire comme ça comme première image.
Elle est toujours habillée avec style, vraiment charmante et agréable. Trop classe pour le style vagabond que j'affiche et assume, peut-être un peu trop jeune également. De mon point de vue, j'ai l'impression qu'un monde nous sépare. Le monde entre les gens "normaux" et ceux qui luttent comme moi, à la limite de l'impensable...
Nous passons un agréable moment à faire un travail en petit groupe. Je les amuse avec mes histoires de vie abracadabrantes et le groupe me demande de faire la présentation publique de notre travail. En retournant m'assoire après ma présentation, je note qu'elle s'est insensiblement rapprochée de moi. Je revois des flashs des derniers mois, des regards que je surprenais de temps à autre... mais mes soucis du moment sont trop accaparants, et qui pourrait vraiment se risquer à me fréquenter, connaissant ma situation?
Elle rit encore de mes frasques affichées lors de ma présentation et se penche vers moi pour me faire une reflexion. Son bras nu frôle le mien et je reçois une décharge électrique. Son corps magnifiquement mis en valeur par sa chemise blanche s'offre à mon regard, et je dois avouer que je me suis perçu à cet instant très "mâle de base"!
Je crois que j'aurais presque pu, malgré la situation et le monde qui nous entourait, passer mon bras autour de ses épaules, glisser ma main sur sa peau exposée et l'embrasser. Enfin... dans mes rêves en tous cas!
À la pause, je me sens le besoin de raconter, de façon un peu psychotique probablement, ma récente arrestation et mon incarcération en hôpital psychiatrique. Je me rends compte à ce moment que je fais très "cas soss". Que je suis "cas soss" en fait, sous bien des aspects. Cela mettra sans doute un gouffre entre mes émotions et le monde qui m'entoure. Je quitterai rapidement le cours à la fin de la journée, non sans noter au passage qu'elle dit au professeur qu'elle ne sera pas là les deux prochaines semaines. Il ne restera qu'un cours ensuite. Je prends soudain conscience qu'une routine disparaîtra de ma vie, et qu'après, l'automne sera là rapidement. Ce contact régulier avec le monde, bien que parfois un peu difficile à gérer pour moi, était un régulateur bien plus important que je ne le voyais jusqu'ici. Cela m'inquiète tout à coup.
14:01 Publié dans Fantasme de mec | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
12.09.2011
Mal partout... ou pas!
Comme une espèce de malaise sourd... que je suis incapable de définir pleinement. Que peut-on connaître de moi en lisant ce blog, même depuis longtemps. Mes silences, autant de combats dont je ne veux parler, dont je ne peux parler. Des combats humains ordinaires, si tant est qu'il en existe. Des trucs un peu pllus durs que d'autres, comme cet enfermement dont je ne sortirai jamais vraiment. Je m'y suis habitué, avec le temps.
Des gens dans la vraie vie, qui disent de gentils mots. Un artiste d'ici a écrit après m'avoir rencontré:
"
Ça fait du bien!
Des amis qui luttent eux aussi, chacun à sa manière. Le besoin d'aimer et d'être aimé, comme tout le monde... Des besoins tout simples, sains...
Heureusement, garder un corps sain m'a aidé à traverser les épreuves sans trop de dommages jusqu'à présent. La valse hésitation. Je publie? Je ne publie pas?
J'en ai envie, mais je sais les poids à porter. Le poids pour mon fils également de découvrir et voir exposer ces choses... impossible avant d'en être vraiment totalement sorti!
02:31 | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
21.08.2011
rebonds...
Le kangourou, c'est peut-être ainsi qu'il faudrait me rebaptiser!
Je sors de l'hôpital psychiatrique avec un ticket de bus et 12$ en poche, toute ma fortune!
J'ai vraiment eu un choc la veille en voyant ma voiture hissée sur la remorqueuse, direction la fourrière, avec 30 jours d'immobilisation avant de pouvoir la récupérer. Sans parler des coûts! Cela m'a rapellé le jour où, il y a 3 ans, ma voiture est tombée en panne et il a fallu me résoudre à la vendre. Le début du retour en enfer!
J'ai une heure et demi de bus à faire avant d'arriver chez moi. Je réfléchis. Tous mes contrats en cours ne peuvent être exécutés sans ma voiture. Il faut que je débourse pas loin de 2000$ pour payer les amendes dues et récupérer mes plaques et mon permis. Je me présente à mes rendez-vous du jour à vélo. Ça va, il fait super beau. Le soir, je suis un peu fatigué. J'ai fait 45 km à bicyclette dans ma journée, ça peut se concevoir. J'ai mon frigo relativement garni encore, et je considère les options pour le mois. Donner le change, continuer les discussions avec les investisseurs comme si de rien n'étais. Avoir confiance en ma capacité de continuer à fonctionner malgré tout. Je repense aux phrases du psychiatre. Avec un sourire; "Oui, mais quand même, conduire sachant votre permis de conduire suspendu... quand même...je n'aurais jamais fait ça, moi..."
Je lui ai répondu du tac au tac " vous n'avez jamais eu faim, vous... enfin avoir faim pour vous, cela veut dire avoir sauté votre collation de 4 heures... vous n'avez jamais été à la rue, n'est-ce pas?"
C'est vrai, je n'aurais pas dû conduire. Mais que faire? Tout abandonner si près du but, retourner dans la rue et me dire que j'allais tout reprendre à zéro une fois de plus. Non! J'ai du travail, une voiture, je vais travailler! Si il y a une chose que je sais faire, c'est calculer. Et je sais que si je ne déplace pas des montagnes chaque semaine, je vais rechuter. On ne sort pas de ce genre de situation sans efforts titanesques. Aucune des personnes dont j'ai croisé le chemin dans la rue ne s'en est sortie jusqu'à présent, et les intervenants qui m'ont suivi n'en reviennent toujours pas!
Mais il a fallu que je reste toujours "on the edge", sur le fil, sur la mince ligne qui devrait me permettre de m'en sortir. J'ai réussi à maintenir le cap, à accumuler les petites réussites, malgré les soubressauts, les difficultés. Qui peut imaginer mes difficultés à redresser une situation malgré mes handicaps. Cet autisme qui m'empêche de rester au contact des gens plus que quelques heures par semaine. Heureusement, quelques personnes parviennent à accepter mes limites et continuent de communiquer régulièrement à ma façon, ce qui me permet de donner le change quand je suis en public. Je coupe mes imersions dans le monde de longues périodes d'isolement et j'arrive à maintenir l'équilibre.
Le ratio; 8 heures, 12 max par semaine avec des gens. Seule Catherine, qui m'assiste dans mon travail de recherche, peut rester plus longtemps avec moi sans que cela me perturbe trop.
Je suis quand même passablement déprimé en arrivant chez moi. Pendant deux jours, tournant et retournant ma situation dans tous les sens, je ne vois aucune issue raisonnable. Faudra-t-il emprunter les issues déraisonnables?
17:16 Publié dans a retenir... | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note





