Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08/12/2012

Voilà, je pars...

Mais je ne vous quitte pas vraiment, au contraire. Je vais m'ouvrir un peu plus à vous, différement.

Je pars pour de longs mois, mais pas de "Margot" à laisser au port! :-)

On part plus léger, comme cela!

Tout est encore à faire, mais je ne peux me retenir de vous l'annoncer, défiant ma méfiance des choses encore incertaines...

J'ai un contrat en poche, un chèque déposé dans mon compte (mais je vais attendre sa validation par la banque la semaine prochaine, des fois que...).

Il y a tout juste une semaine, j'écrivais cela;

L'eau...     ( http://sdfdeluxe.hautetfort.com/archive/2012/12/01/l-eau.... )

J'avais l'impression que cela faisait un siècle que j'avais posté cette note, tellement j'ai travaillé d'arrache-pieds depuis! Le temps a une autre dimension, dans la rue!

C'est ce que j'ai réussi à préserver, ces détails me permettant de conserver un lien avec le monde qui m'entoure, qui m'ont permis d'en arriver là!

Là? Oui, là, c'est un retour à la vie dans le monde. Bon, d'accord, un monde presque interlope (dans le sens vielli du terme...je navigue en zone grise. Légal car pas illégal! Le monde du bateau reste un univers à part, comme celui de la rue!).

Mon mandat; acheter un voilier aux USA, et le convoyer au Brésil.

Bon, pas de San-Francisco en vue, mais la baie de Rio...la découvrir en arrivant par la mer...le pain de sucre, le gigantesque "Chist rédempteur" du mont Corcovado, qui ne peut laisser indifférent les croyants comme les non-croyants...

En attendant mes propres photos, si la mer m'autorise...

voilier,voileux,Montreal,Rio,Bresil,Brazil

Le décalage avec mon vécu des derniers mois parait presque absurde!

Bon, c'est un voilier de plus de 30 ans, neuf mètres, des rénovations à faire... un budget rabougri, mais un logement sûr, une promesse de navigation tropicale au long cours, une routine des plus plaisantes à venir pour moi. Oui, car je suis un marin jusqu'au fond des trippes. Rien pour moi ne vaut une nuit en haute mer, loin des hommes et de leur folie!!!

(Bien que cette folie soit de plus en plus apparente même loin au large!)

La trépidation nerveuse du projet m'a envahi, pour rapidement faire place à la rigueur du capitaine méthodique que je suis. Je note les besoins, évalue les coûts, les risques. Je veux aussi vous faire partager tout cela, vous permettre de mettre ma vie des derniers temps en perspective avec mon vécu plus large. Je veux vous faire vivre ça, vous faire partager la vibration de la terre, de la mer, au delà de tout ce que je vous ai montré de ma vie jusqu'à présent.

Je veux, après avoir partagé ma misère, vous faire partager ce qu'il y a eu de plus fort, de plus puissant, de plus magnifiquement incroyable dans ma vie... ma vie en bateau!

Et je partage une fois de plus ce vidéo, que je n'ai laissé que brièvement sur ce blog; ces années de vie maritime, ces voyages en voilier avec mon fils...

Les détails...

Mon syndrome d'Asperger me contraint à focaliser sur les détails en premier lieu, pour tenter ensuite de les intégrer dans un portrait global du monde, de la vie... pour le meilleur ou pour le pire!

Alors, parmis les détails, rester présentable. Mais régulièrement, je me questione. Est-ce que mon linge n'est pas trop abîmé, froissé, frippé. Est-ce que mon hygiène est adéquate pour rester présentable.

J'ai du mal à formuler des réponses. Si je sens un peu fort, après une journée de course à la survie, si en plus mes traits sont tirés par la fatigue et mes vêtements sont froissés, mes sacs éculés... comment me voit-on de l'exterieur?

Aujourd'hui, j'ai des réponses:

Un homme, élégament vétu, me tient la porte, mes deux bras lourdement chargés par mes sacs entravant mes gestes.

Peut-être l'aurait-il fait si il avait perçu en moi un traîne-savate sdf... mais je doute. J'ai deux sacs en bon état, je suis habillé avec du linge propre et raisonnablement élégant... même si en regardant de près, on constate une certaine usure. L'avantage de porter des couleurs sombres qui avalent les petits défauts.

Bien que n'ayant pas trop gardé accrochés mes complexes, quand on me regarde, ma première réaction en est toujours une de doute.

"Il voit mon "sdf-isme", c'est sûr"

"Il sent l'odeur de ma transpiration..."

"il voit mon linge râpé"

"Il n'aime pas mon teint métissé, mon allure étrange...étrangère!"

Puis je remets en contexte, et me raisonne. Ne pas "paranoïer". La réalité est que je suis quelqu'un d'apparence "normale", peut-être même un petit peu au dessus de la moyenne, car j'attache de l'importance à être (et non juste paraître!) "bien" pour le monde qui m'entoure.

J'ai augmenté le niveau de prudence d'un cran au niveau de mes lieux, de jour comme de nuit. Il ne faut pas que je trébuche, que je "m'enfarge dans les fleurs du tapis", comme on dit ici! Je porte attention aux moindres détails, réduisant ainsi les risques le plus possible.

Par exemple, sur mon plateau de repas, dans cet espace de restauration, je laisse un ticket de caisse au milieu, semblant confirmer mon achat récent à un des comptoirs m'entourant. Cela change l'allure au premier coup d'oeil...