10/04/2013
Dien Bien Phu
Passer quelques heures avec un grand-oncle qui était en Indochine, médecin militaire, lors de la bataille de Dien Bien Phu...
C'est un peu comme entrer dans l'histoire de Forest Gump, mais une guerre plus tôt! Surréaliste!!!
L'entendre me remercier d'avoir partagé avec lui mes recherches historico-généalogiques martiniquaises... c'est la cerise sur le sundae!
07:19 Publié dans Fantasme de mec | Lien permanent | Commentaires (0)
Mosaïques (2)
Le ventre vide, le bateau qui, sous son grément de fortune, avance péniblement et refuse de remonter correctement au vent, je me fais instantament un portrait réaliste de la situation et de la misère qui m'attend. Tout va se jouer à la résilience. Le moral va déterminer la survie. Techniquement, c'est jouable. Mais l'accumulation du poids des derniers mois, des dernières années, peut aussi bien me fournir des armes pour m'achever ou pour me sauver.
S'ouvrir les veines et ouvrir les vannes... tout disparait... quelle différence cela ferait-il à la surface de la terre, à la surface de la mer...
Un échec de plus... j'en cumule tant!
Et je suis là, sur la couchette du carré, à regarder les étoiles en me disant qu'il faut que je sorte faire mon tour de veille. Mon esprit est déjà ailleurs, mon corps refuse...
Le reveil que j'ai acheté ne sonne pas assez fort pour que la sonnerie couvre le bruit de la mer, les bruits du bateau. Je suis seul avec moi-même pour m'auto-réveiller toutes les quinze minutes pour cette veille des cargos, indispensable!
Tout à coup, un autre de ces vacarmes assourdissants qui auront ponctué ce cheminement sur la voie de la loi de Murphy se fait entendre. Je sors immédiatement de ma torpeur en me disant que cette fois-ci, mon manque de rigueur aura eu raison de moi. Je bondis dehors. Ça me prend quelques secondes avant de comprendre ce que sont ces lumières. Je tourne la tête. Une muraille d'acier défile sous mes yeux. Elle est tellement proche que je pense avoir heurté le cargo. Je manoeuvre rapidement pour m'éloigner, puis je fonce dans la cabine à la recherche d'une voie d'eau. Rien de visible. Il me faudra attendre le matin pour constater que je n'ai pas heurté le cargo, mais que j'en était si près que le vent de son déplacement a fait claquer mon foc et empaner ma grand-voile, provoquant ce vacarme improbable.
Je prends la mesure de ce qui vient de se passer, en me disant que d'un côté, je présente tous les atouts pour me sortir de cette situation victorieux, et que du fait que j'ai cumulé toutes les malchances, je me suis préservé de cette ultime possibilité de me faire couper en deux par ce cargo.
De l'autre côté, je prends conscience que je ne peux plus étirer l'élastique et qu'il me faudra puiser plus profond encore dans toutes mes ressources!
06:11 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)
Mosaïques
Je n'arrive pas à récupérer malgré mes efforts. Je m'autorise une prolongation de nuit sans sommeil, poussant la machine un peu plus loin, encore...
Avec la nuit tombant, le vent forcit à nouveau. Devant sa rapide montée en puissance, je réduis la toile pour ne pas avoir à faire de manoeuvre la nuit. Mais cela ne suffit pas. La vitesse du vent continue de monter. Je tente de réduire à nouveau le génois, qui refuse de s'enrouler malgré tous mes efforts. En quelques secondes, le vent furieux le met en lambeaux dans un vacarme assourdissant. Et avant que je n'ai le temps de réagir, la grand-voile, du haut de ses quarante ans, cède à son tour.
Alors que je parviens à affaler la grand-voile, rien à faire pour le génois. Je change de cap pour soulager au mieux la voile et ficelle avec une amarre ce qui peut l'être des lambeaux. Je commence à prendre la mesure de la galère annoncée. La loi de Murphy se matérialise.
Les deux jours suivants, je tente de trouver un moyen de sécuriser le génois, puis j'envois un foc numéro trois non endraillé. Je casse la drisse de spi puis la drisse de génois que j'ai récupéré lors d'une accalmie en enlevant le génois sur enrouleur devenu inutile. Je calcule rapidement l'ampleur des dégats. Des dix ou douze jours que devaient durer la traversée, j'évalue maintenant un minimum de vingt à trente jours de navigation, alors que je n'ai que 5 jours de bouffe. Je recale mon menu pour faire durer au moins quinze jours mes maigres provisions. Passé ce délai, il me faudra tenir avec de l'eau uniquement.
Je parviendrai à préserver un menu de deux cuillérées de céréales le matin, et quatre cuillérées de purée en flocons partagées entre midi et soir, jusqu'au vingt-deuxième jour. Heureusement, je me promène toujours avec une boite de vitamines C et de vitamines E, et je peux ainsi compenser un peu ma diète de misère. La carence en vitamines et en protéines se feront douloureusement sentir malgré tout.
Entre l'humidité ambiante "normale", la carence alimentaire, et ces jours à barrer sous la pluie, les embruns et les déferlantes, la peau de mes mains part en lambeaux. Chaque maneuvre m'enlève maintenant une couche d'épiderme! Le bout de mes doigts est à vif et la peau ne parvient pas à se reformer assez rapidement.
Je passerai en tout plus de vingt jours sous-alimenté et huit jours avec deux verres d'eau matin et soir et un verre d'eau sucrée le midi, pour une traversée qui aura duré plus de trente jours. Je m'autoriserai un verre d'eau sucrée en cas de besoin, manoeuvre d'urgence, virement de bord, afin de ne pas risquer de perdre connaissance à cause d'une crise d'hypoglycémie.
05:26 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)





