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17/03/2013

le monde en marche...

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Voilà... ça, ça me fait mourir de rire!

Dead end

Dead end, c'est "voie sans issue"

Ce soir, je tiens ma promesse. J'avais dit ici qu'arrivé en Martinique, je viderai quelques fûts de rhum...

Bon, bien sûr, il faut comprendre l'exagération du narrateur. Qui pourrait vider un fût de rhum au sens littéral... ???

Et puis, en me connectant, je vois, comme régulièrement, ma prof de chant se connecter sur Skype.

Je raconte mes premiers pas dans le chant dans mon premier livre. OK, pas "fair", pas juste...

Je n'ai toujours pas publié mon premier livre! Allez-vous me dire.

Je sais, je sais... mais j'ai des contraintes de vie. Cela devrait se produire cette année. Des obstacles sont levés... enfin vont se lever en Juillet.

Mais quand même... je vous dit que deux professeurs ont voulu, manifesté le désir de m'avoir comme élève.

Le premier est un prof de haut calibre, ayannt une position prestigieuse dans le milieu. Le second est un des meilleurs enseignant de chant au monde je dirai dans le top 4. Encore ces bizarres de coïncidences de ma vie...

Tu rencontres une personne, tu sympathises. Elle te révèle qu'elle est prof de chant. Toi, tu es rénovateur de talent. Échange de cours de chant contre rénovation d'une maison, heure pour heure.

Et en quelques heures, tu comprends TOUT.

Parce que tu es autiste, tu peux mettre en perspective. Et tu commences à libérer ton flux. Libération salvatrice, car quand la voix porte, elle emmène tant de brumes...

Elle m'a proposé de continuer à me former sans me faire payer d'honnoraires (ses honnoraires sont à la hauteur de ses compétences, extrêmements élevés, probablement parmis les plus élevés dans le domaine). Mais je suis incapable d'accepter, même si je sais qu'elle ferait tout ce qu'elle peut pour continuer à me faire progresser. Alors, nous maintenons ce lien... on se voit l'un l'autre nous connecter sur Skype régulièrement. Elle attendra que je fasse un geste car elle sait, elle respecte. Je lui écrirai un roman pour lui expliquer. Car quand j'ai besoin, c'est le seul moyen (et c'est pour cela que j'écris, mais aussi que j'attends pour publier...)

Bref, aujourd,hui, je suis capable de comprendre la voix, de voir la technique présente ou qui fait défaut... comme un mathématicien, comme l'autiste que je suis....

Je vois tout... les détails, le potentiel, les défauts, les manques....

Si vous êtes à Montréal et que vous cherchez quelqu'un pour libérer votre voix, demandez-moi. Je vous garanti que vous ferez un chemin inimaginable au contact de cette prof de chant...!!!

Et au delà, un chemin pour vous, the dead end for me...

à corps perdu!

Chaque jour, chaque instant... j'ai le goût d'écrire. J'écris... J'ai besoin de structure pour fonctionner. Mon autisme m'enferme plus que jamais dans son étreinte parfois étouffante au point de vouloir juste cesser de respirer, lui laisser la priorité sur mon souffle qu'il détourne pour assouvir son besoin de me priver d'oxygène.

Les neurotypiques ne peuvent comprendre...

Je suis partagé entre le besoin de vous exprimer ce que je vis, parce que j'ai développé avec plusieurs d'entre vous une relation plus que réelle, parce que je voudrais pouvoir vous dire un jour "ça y est, je vais à peu près bien" et l'envie de le faire autrement, parce que ce blog est loin de remplir, de contenir tout ce que j'ai en moi. Parce que je voudrais vous inclure, vous faire passer du côté de ces gens que je cotoie face à face... Parce que je voudrais vous montrer tout, partager ce qui rend les gens heureux autour de moi quand je finis par transcender les blocages, quand je rends l'improbable possible, le rêve d'un instant magique...

J'ai envie de hurler, de déblatérer sans arrêt pendant des jours, jusqu'à ce que se tarisse, ou pour le moins s'assagisse le flot de ce que je voudrais exprimer et que je ne puis...

Peut-être le pourrais-je, un jour...

Ce court séjour à New-York m'a donné le "jus" dont j'avais besoin. Une personne que je ne connaissais pas du tout m'a apprécié pour ce moment partagé. Je me suis senti pour la première fois depuis des mois, des années, un être humain à part entière.

Puis je me suis enfermé dans mon monde, le monde de la mer, pendant des semaines, menant un combat à la vie à la mort. Vous ne pouvez pas imaginer ce que cela fait de voir la grande faucheuse dressée devant soi, et se dire "il faut que je l'affronte à bras le corps, il faut que je colle mon corps contre ses os, contre son suaire répugnant, en évitant sa lame acérée, ses coups vicieux..."

J'ai mal partout dans mon corps, dans mon âme... je dois me replier à nouveau en moi-même pour trouver les ressources pour avancer encore d'un pas, un petit pas, en avant.

Mais qui pourra un jour me prendre la main? Qui pourra me sortir de cette ornière, de ce toît sans lumière, de ce ciel sans étoile, de ce jour sans soleil...

Tip, top, trip

Nous finissons de manger. La sangria servie me monte un peu à la tête. Nous allons marcher dans les rues. Mon hôtesse tient à me montrer une sculpture mobile. Nous nous amusons comme des enfants lorsque la sculpture géante en acier refuse de bouger. Je la charie gentiment en lui disant que c'est encore une fable de New-Yorkais.

 

Je finis par trouver le moyen d'initier le mouvement, et l'énorme masse se met à tourner dans un grincement strident. Des jeunes se joignent à nous dans le jeu.

Elle m'enmène ensuite dans un café où je devrai trouver mon bonheur, me dit-elle. Je lui avait dit que j'aimais le bon café au point de traîner une cafetière expresso dans mes voyages au long cours. Elle n'a rien oublié. Elle répond aux questions de mes mails auquels elle n'avait pas eu le temps de répondre. Elle me parle de son métier de "forensic psycholgist", qu'elle ne pratique plus actuellement, mais qu'elle sait qu'elle reprendra un jour. Elle me parle de l'impression que cela fait de se retrouver devant quelqu'un qui peut tout à coup avoir des pulsions meurtrières et vous agresser sans prévenir, de ces psychopathes bien réels qu'elle a cotoyé... impressionnant!

Le café est effectivement digne des meilleurs. L'ambiance douce, dans le style "old New-York" du décors, la véranda en fer forgé, tout est propice à l'immersion dans un monde de rêve. Nous goûtons mutuellement au plaisir de nous découvrir, comme un besoin, comme une nécessité, une évidence. Le passage du virtuel au réel est toujours un saut dans le vide, avec ses bons et ses mauvais côtés. Là, c'est vraiment un chemin qui nous apporte chacun ce que nous espérions. Une rencontre simple, un échange profond, et - j'avais été très clair et mis en avant la mention qu'elle faisait de sa relation de couple - sans ambiguïté.

Le lendemain, elle m'avait préparé un itinéraire pour visiter le mémorial du WTC, et donné quelques indications. Elle me mentionne que le soir, elle sort avec de ses amis, et donc qu'elle rentrera plus tard.

Je décide, après ma visite au mémorial du WTC de silloner la ville à pied, aussi loin que je pourrai, de Battery Park en remontant au nord, en faisant des aller-retour d'est en ouest, d'une rive à l'autre. C'est ainsi que je prends la mesure des villes, des endroits où j'arrive.

Et j'y vois également cette file de sans-abris devant un centre d'hébergement... Montréal, NYC, même combat!

sdf,homeless,New-York City,NYC,USA

 

 

Je marche trois heures chaque jour pour aller chercher des provisions, des pièces de bateau, passer un moment à la bibliothèque prendre mes messages et chercher sur internet où m'approvisionner.

Trois heures de marche sous la pluie. Plus les jours passent, plus je sens que mes options se réduisent. Le froid arrive. Il faut que je décolle, sinon, je vais droit dans le mur. Je n'ai pas encore le compte de provisions, loin s'en faut. Je calcule. La traversée va durer un peu plus de deux semaines. J'ai pour une semaine de nourriture, et douze semaines d'eau. Tous les paramètres seraient trop longs à expliquer. Je décide que j'étirerai les vivres et qu'ensuite, je jeûnerai.

J'ai pas mal jeûné ces derniers mois... ça ne me fait pas peur d'ajouter quelques semaines de galère. Ce ne sera pas pire que l'hiver qui envahi mon espace!

Le lendemain de la tempête de neige, je décide de larguer les amarres. J'ai fini par réussir à mettre en marche le moteur après quelques réparations et deux purges du réservoir de carburant. Advienne que pourra.

Je dois faire trois jours de moteur pour descendre l'Appomattox river et la James river pour arriver à Norfolk. Puis, sortir de la baie de Cheseapeake par le Bay Bridge-Tunnel.

De bonne heure le matin, je me prépare. Je laisse le moteur chauffer, vais dans le petit café de la marina saluer le gérant en attendant l'ouverture du pont de chemin de fer qui me bloque l'accès à la descente. Le signal d'ouverture est donné. Le voilier glisse doucement sur la rivière. L'aventure commence. Je passe le pont sans encombre, et tout à coup, le signal des emmerdes est lancé. Le moteur s'arrête. Je soupçonne un reste de cochonneries dans le réservoir de carburant, algues et eau, malgré les deux purges. Je sais déjà que le voyage sera dur. La loi de Murphy montre son nez. Je sais qu'elle ne faillira pas!